le 15/02/2018 à 07:25

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Plan de filière laitière Meilleure gouvernance et juste rémunération : les clés de l’ambition française

Le plan de filière laitière ne se donne pas d'objectifs de production, mais vise à améliorer la qualité, tant des produits laitiers que des relations entre les acteurs de la chaîne de valeur. (©Watier Visuels)

Le plan de filière laitière ne se donne pas d'objectifs de production, mais vise à améliorer la qualité, tant des produits laitiers que des relations entre les acteurs de la chaîne de valeur. (©Watier Visuels)

La France, une « terre de lait » ? Le plan de filière laitière remis par le Cniel au Gouvernement mi-décembre vise trois objectifs : améliorer la gouvernance interprofessionnelle, mieux encadrer les pratiques commerciales pour mieux rémunérer les éleveurs, et poursuivre les efforts de qualité et de diversité pour satisfaire la demande des consommateurs.

C’est un « modèle laitier unique, alliant tradition et modernité, reconnu en France et dans le monde », que l’interprofession vantait en août 2015, quelques mois après la fin des quotas laitiers, dans une vidéo promotionnelle. Reprenant, deux ans plus tard, le titre exact de la vidéo « France, Terre de lait », le plan de filière doit d’abord résoudre les faiblesses d’un « fleuron français » « assurant la vitalité des territoires » et « valorisé à l’international ».

La gouvernance reste la première faiblesse structurelle de la filière laitière française. Avec, sur le marché intérieur, des prix de la brique de lait dictés par des distributeurs lancés depuis plusieurs années sur une course aux prix bas, le Cniel est resté impuissant face à des négociations commerciales annuelles aussi secrètes que pénalisantes pour les producteurs.

Le plan de filière vise ainsi, et en premier lieu, à « définir un cadre interprofessionnel, sous six mois, qui crée des conditions de négociations commerciales plus transparentes, réactives et équitables. L’enjeu est d’intégrer les acteurs du commerce et de la distribution d’ici mi-2018 pour que tous les acteurs puissent échanger, non pas chacun dans leur coin, mais au sein d’une même organisation. Encore faudra-t-il que les parties s’accordent sur « les conditions opérationnelles et financières de leur entrée ».

Les producteurs aussi devront faire des efforts en matière de gouvernance. Le paysage des organisations de producteurs, loin d’user pleinement les possibilités offertes par la réglementation, ne donne pas satisfaction à Emmanuel Macron. Il l’a rappelé lors de son discours à Rungis le 21 octobre 2017. Les membres de l’interprofession l’ont entendu : « Un réseau des organisations de producteurs sera créé par l’interprofession, dès début 2018 ».

Un « socle de référence » pour une meilleure rémunération des éleveurs

Le deuxième axe du plan de filière laitière est de « créer un socle de référence », le « standard de Haute-qualité du lait et des produits laitiers, exprimant l’excellence française. » Ce socle sera basé sur une démarche de responsabilité sociétale dont les premiers objectifs seront « une juste rémunération des éleveurs » et « la possibilité pour les éleveurs de se faire remplacer au moins une journée par semaine ». En contrepartie, les acteurs de la filières, éleveurs en tête, s’engagent à maintenir la haute qualité sanitaire du lait et des produits laitiers, avec « zéro pesticide et zéro antibiotique dans le lait », à poursuivre l’amélioration du bien-être animal et des engagements environnementaux.

Le Cniel déclinera des indicateurs de valorisation de ces objectifs pour suivre les progrès réalisés. Ces indicateurs « serviront de référence pour l’ensemble de la chaîne de valeur en France. L’interprofession compte associer les ONG et associations de consommateurs à ce travail.

Enfin, il s’agit « d’offrir aux consommateurs des produits laitiers diversifiés et conformes à leurs attentes ». La filière souhaite doubler la production laitière biologique d’ici cinq ans, pour passer de 2,4 % à près de 5 % de la production laitière. L’enjeu sera également de crédibiliser les démarches entreprises pour valoriser la qualité de l’alimentation des vaches laitières, telle que le « sans OGM » ou les engagements en termes d’accès au pâturage.

TNC