le 21/02/2018 à 18:25

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Commercialisation des céréales Désobéissance civile contre l'interdiction de vente directe entre agriculteurs

La Coordination rurale (CR) a organisé mercredi dans le Loiret une vente directe de blé entre un céréalier et un éleveur afin de dénoncer l'obligation de passer par un organisme stockeur pour commercialiser les céréales.

« Aujourd'hui n'importe qui peut acheter du maïs OGM ukrainien ou du soja brésilien. Mais un échange direct de blé entre voisins, c'est interdit. Pourquoi ? Cette contrainte n'existe qu'en France, c'est inadmissible », s'insurge Nicolas Jaquet, président de l'Organisation des producteurs de grains de la CR. « L'action de désobéissance civile que nous menons d'aujourd'hui a pour but de dire : ça suffit », ajoute-t-il.

La CR milite depuis longtemps pour la suppression de cette interdiction, afin que céréaliers et éleveurs se partagent les marges actuellement empochées par les coopératives.

« A l'export, le blé se vend à un niveau inférieur à nos coûts de production. Il faut absolument qu'on retrouve de la rentabilité », plaide Marc Hautefeuille, céréalier à La Neuville-sur-Essonne (Loiret), qui a parcouru une trentaine de kilomètres avec son camion pour venir livrer 5 tonnes de blé à son collègue François Potteau, éleveur bovin à Quiers-sur-Bézonde (Loiret). La marge de l'organisme stockeur est actuellement d'environ 15 euros par tonne, « soit 15 000 euros par exemple pour 1 000 tonnes de blé par an, ce qui correspond à la consommation d'un éleveur de porc qui élève 150 bêtes. Cela fait une somme considérable quand on sait que de nombreux agriculteurs touchent entre 3 000 et 5 000 euros de revenu par an », ajoute Nicolas Jacquet.

La Coordination rurale se dit en outre tout à fait prête à payer les taxes dues sur les transactions et actuellement versées par l'organisme stockeur, soit 1,61 euro la tonne au titre de la taxe fiscale affectée et des contributions volontaires obligatoires. « La fiscalité ne nous pose aucun problème, il n'est pas question que nous n'acquittions pas les sommes qui sont dues », ajoute le syndicaliste.

La réglementation française interdit toute transaction directe sur le blé mais autorise une tolérance sur l'orge, le maïs ou l'avoine, jusqu'à 500 kilos. En revanche, pour des céréales comme le sarrasin et le quinoa, la vente est libre.

AFP