le 22/02/2018 à 18:25

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Accord de libre-échange L’AGPB craint une concurrence déloyale de la part des pays du Mercosur

L'Association générale des producteurs de blé (AGPB) estime que la signature d'un accord entre l'UE et le Mercosur aurait un fort impact sur les céréaliers européens. Elle craint une nouvelle chute des prix puisque les coûts de production dans les pays du Mercosur sont parmi les plus faibles du monde.

Philippe Pinta, président de l’AGPB, a déclaré mercredi 21 février : « Les négociations menées actuellement dans le cadre du Mercosur vont affecter le secteur des céréales, déjà fragilisé sur la scène internationale ». Une ouverture totale du marché européen de l’orge est en effet prévue par l’accord. Par ailleurs, le Mercosur prévoit aussi un contingent sur le riz. Du fait des importations massives du Cambodge et du Surinam, la culture est déjà fragilisée en Europe.

« En cas d’accord, les contingents d’importation sans droit de douanes, proposés en blé et maïs, entraîneront une nouvelle chute des prix européens, au détriment des agriculteurs », ajoute Philippe Pinta. Grâce à de grandes exploitations et à des normes beaucoup moins strictes sur les semences et les produits phytosanitaires, les pays du Mercosur bénéficient de coûts de production parmi les plus faibles du monde. Pour l’AGPB, « il s’agit d’un vrai marché de dupe, qui dégraderait encore un peu plus la situation économique des céréaliers français, durement éprouvés depuis quatre ans par les prix bas et la récolte calamiteuse de 2016. »

L’AGPB déplore aussi les pertes de débouchés majeures qui accompagneraient la signature d'un accord avec le Mercosur. Le projet de directive sur les énergies renouvelables menace déjà le bioéthanol. « L’ouverture d’un contingent sans droits de douane pour 600 000 tonnes d’éthanol brésilien, soit 14 % du marché européen, provoquerait le doublement des importations actuelles. » explique Philippe Pinta.

Enfin, l’accord prévoit aussi une ouverture aux exportations brésiliennes d’amidon et de viandes de porc et de volaille. Ces produits qui constituent les principaux marchés des céréales européennes subiraient donc un coup dur.

TNC