le 28/02/2018 à 12:25

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Pêche clandestine La pêche illégale en Guyane, « une honte » selon Jean-Luc Mélenchon

Le chef de file des Insoumis Jean-Luc Mélenchon, en déplacement en Guyane pour défendre le candidat LFI à l'élection législative partielle de dimanche, s'est agacé du niveau atteint par la pêche illégale.

Le niveau atteint par la pêche illégale en Guyane « est une honte », a déclaré mardi Jean-Luc Mélenchon devant la presse à Cayenne. Il est actuellement en déplacement dans cette collectivité territoriale pour soutenir Davy Rimane, candidat LFI à l'élection législative partielle des 4 et 11 mars.

De nombreux navires venus du Suriname, Guyana et du Brésil, pays voisins de la Guyane, pêchent quotidiennement illégalement dans les eaux françaises. La lutte contre la pêche illégale est une « mission prioritaire de l'État en Guyane », mais les professionnels estiment que la pression clandestine ne baisse pas. « On ne peut pas pêcher car les navires clandestins sont armés et nombreux », a témoigné un pêcheur.

Pour éviter d'être pris en action de pêche illégale, « des bateaux-mères », sont désormais postés aux frontières et approvisionnés par des navires plus petits, rapportent les pêcheurs.

« La marine française possède plusieurs navires dans les eaux guyanaises afin de protéger la base spatiale. Pourtant ces navires ne s'aventurent jamais dans les estuaires de Guyane, là où le pillage a lieu », avait écrit il y a une semaine, Jean-Luc Mélenchon au ministre de l'agriculture et de l'alimentation, Stéphane Travert.

La ministre des Outre-mer, Annick Girardin, avait annoncé en février, l'expérimentation de « drones » pour surveiller la pêche illégale, « véritable fléau ». Selon Younous Omarjee, eurodéputé LFI également en déplacement en Guyane, il faut placer le Brésil sur « la liste noire des pays pratiquant la pêche illégale ». En 2012, selon Marie-Luce Penchard, ancienne ministre des Outre-mer, « la France (avait) transmis à la commission européenne une liste de navires en infraction manifeste ». La ministre avait alors affirmé que ces navires seraient « privés de la possibilité d'exporter leurs captures vers l'Union européenne ».

Selon Younous Omarjee, « la commission européenne dit qu'aucune demande n'a été adressée par la France. Je ne cesse de demander au gouvernement de saisir la commission européenne sur ce problème ». Le « plan d'urgence » signé par l'Etat à l'issue du conflit de mars-avril dans ce territoire ultramarin prévoyait « 500 000 euros en 2017 » contre la pêche clandestine. Entre 2013 et 2017, selon les chiffres officiels, le nombre de navires déroutés a diminué, les cargaisons de poissons saisies sont passées de 69 à 127 tonnes. En 2017, une centaine de marins avait été arrêtée.

AFP