le 01/03/2018 à 12:25

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Négociations commerciales Pour Bruno Le Maire, Leclerc ne respecterait pas les règles

Le ministre de l'économie Bruno Le Maire a affirmé jeudi que « des éléments » prouveraient que le géant de la distribution Leclerc ne respecterait pas les règles en matière de négociations commerciales, après que le groupe a été perquisitionné par la Répression des fraudes.

La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF), qui relève de Bercy, a mené des perquisitions mardi et mercredi au siège des centres E. Leclerc à Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne), sur fond de négociations commerciales annuelles entre industriels et distributeurs.

« Nous les justifions (les perquisitions, ndlr) par des éléments que nous avons recueillis et qui montrent qu'il pourrait (...) y avoir de la part de ce grand distributeur le non-respect des règles commerciales qui s'appliquent à tous sans exception », a affirmé le ministre de l'économie sur les chaînes Public Sénat et TV5 Monde. « Ensuite, tous ces procès-verbaux seront transmis à la justice et c'est la justice qui tranchera, et on verra qui de la grande distribution ou de l'Etat a raison en la matière », a-t-il poursuivi.

Le distributeur français avait réagi mercredi, estimant que ces perquisitions sont dues au fait que « la période est aux annonces politiques ».

Les négociations entre les distributeurs et les industriels, qui s'achèvent ce jeudi, sont au cœur d'un projet de loi présenté fin janvier par le gouvernement. Celui-ci vise notamment à contraindre la grande distribution à ralentir la guerre des prix, alors que le revenu des agriculteurs est en berne.

« Il y a des distributeurs qui ne jouent pas le jeu », a encore affirmé le ministre de l'économie, ajoutant qu'il ne « tolérerai(t) aucune fraude, aucun contournement, aucune entente entre les uns et les autres ».

Mardi, dans un entretien à France Info, le porte-parole du gouvernement Benjamin Griveaux avait fustigé « la grande distribution (qui) ne respecte pas les engagements qu'elle a pris », évoquant la charte du 14 novembre, qui engage ses signataires à mettre en place « un prix juste », favorisant les intérêts des agriculteurs.

Et la semaine dernière, la secrétaire d'État Delphine Gény-Stephann avait précisé que 187 contrôles de la DGCCRF avaient eu lieu depuis le début de l'année, pour plusieurs raisons : « des pratiques qui pourraient sembler abusives, des menaces de déréférencement, une vigilance sur les centrales internationales, et une vigilance sur les problèmes de logistique qui peuvent amener à pénaliser les fournisseurs ».

AFP