le 02/03/2018 à 18:25

  • Imprimer
  • Envoyer à un ami

Technique de semis Profondeur régulière et désherbage facilité pour la féverole

Utilisé à l'origine pour les cultures de maïs et de betterave, le semis de précision tend à se démocratiser pour d'autres espèces grâce à ses nombreuses qualités. (©TNC)

Utilisé à l'origine pour les cultures de maïs et de betterave, le semis de précision tend à se démocratiser pour d'autres espèces grâce à ses nombreuses qualités. (©TNC)

En agriculture conventionnelle, le semis de précision reste encore peu utilisé pour la culture de féverole, il présente néanmoins de sérieux atouts. Facilitant le désherbage mécanique, cette technique est plus courante en agriculture biologique.

Le semis de précision a un double intérêt en féverole : assurer un semis en profondeur et permettre le désherbage mécanique, qui viendra pallier le manque de matières actives disponibles face aux dicotylédones.

Le semis de précision semble encore peu pratiqué en conventionnel pour les féveroles. En agriculture biologique, il l’est un peu plus pour faciliter le désherbage mécanique. Comme pour les autres cultures, le semis monograine garantit un dosage précis et un placement régulier des semences, en profondeur et sur la ligne de semis. Pour bien germer et résister au froid, les graines de féverole ont besoin d’être suffisamment enfouies : au moins 5 cm, voire 7 à 10 cm pour les féveroles d’hiver. Ce que fait le semis de précision, à condition d’avoir un poids suffisant sur l’élément semeur. La régularité de la profondeur est plus facile à obtenir avec un semoir monograine, sur un sol bien aéré.

Le semis de précision apporte également une régularité de levée, d’où des économies sur les doses de semis (5 graines en moins/m2 sur les 30 à 40 semées habituellement). « Avec cette technique, la levée est bien assurée et il y a moins de concurrence des adventices, car moins de surface travaillée », note Gilles Sauzet, ingénieur d’études à Terres Inovia, suite à l’essai « techniques innovantes d’implantation», conduit en 2011.

Le binage est possible

Le principal avantage du semis de précision concerne le désherbage. Déjà, les mauvaises herbes sont moins présentes pour la raison évoquée précédemment. De plus, le binage est possible, en écartant les lignes de semis jusqu’à 40 cm. « Le désherbage mécanique est indispensable en bio. En conventionnel, il pallie l’absence de matières actives efficaces pour éliminer les dicotylédones en post-levée », remarque Gilles Sauzet. « Le semis profond permet de passer à l’aveugle la herse étrille ou la houe rotative, complète l’Itab (Institut technique de l’agriculture biologique). Et de biner grâce à l’écartement des rangs. »

En zone légumière, où la féverole est un bon précédent aux légumes de plein champ, l’écartement est même plus grand, jusqu’à 70 cm, pour pouvoir utiliser le matériel maraîcher, comme les bineuses à choux. Sans aller jusqu’à 70 cm, les rangs plus espacés réduisent aussi la pression des maladies (notamment du mildiou, par une meilleure aération de la culture) et les risques de verse.

TNC