le 03/03/2018 à 07:25

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Gaec Plaisir des champs (35) Déléguer l’élevage des génisses pour remplacer un associé et limiter les charges

Deux des dix génisses revenues sur l’exploitation : elles vêleront à l’âge de 24 mois. (©Nathalie Tiers)

Deux des dix génisses revenues sur l’exploitation : elles vêleront à l’âge de 24 mois. (©Nathalie Tiers)

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En faisant appel au service Délég’génisses proposé par Eilyps, Laurence et Laurent Langouët maîtrisent leur temps de travail, limitent leurs achats de fourrages, et bénéficient de vêlages à l’âge de 24 mois. En Ille-et-Vilaine, la demande augmente pour cette prestation.

À l’automne dernier, une dizaine de génisses nées deux ans plus tôt au Gaec Plaisir des champs à Pocé-les-Bois (35) sont rentrées à la maison après avoir grandi chez des éleveurs spécialisés dans la production de génisses. « Six d’entre elles ont vêlé, et ce sont de très bonnes vaches » se réjouissent Laurence et Laurent Langouët. Pourtant, quand les époux et associés du Gaec décident en 2015 de déléguer l’élevage de leurs génisses, ils n’ont pas vraiment le choix. À l’époque, le troisième associé installé sur un second site, décide de partir. Or depuis sept ans, tout a été organisé pour centraliser la production laitière sur un site, tandis que l’autre est réservé à l’élevage des génisses. Dans les bâtiments de Pocé-les-Bois, il n’y a pas de place pour elles. De plus, le départ de l’éleveur entraîne une perte de main d’œuvre disponible.

Dans l’urgence, certaines génisses partent en pension : « cela peut être une étape avant de se lancer dans la délégation de l’élevage » considère aujourd’hui Laurent. Puis le couple fait appel au service Délég’génisses d’Eilyps. Celui-ci encadre l’activité depuis trois ans, avec succès. À l’âge de vingt jours, les veaux femelles sont vendus aux éleveurs spécialisés au prix de 150 euros. Les génisses pleines sont rachetées par leurs naisseurs cinquante jours avant vêlage au prix de 1 600 euros. « Désormais, nous savons exactement ce que nous coûte l’élevage des génisses ! » souligne Laurence Langouët. Les naisseurs doivent aussi s’acquitter d’une cotisation de 50 euros/génisse au service Délég’génisses ; elle couvre les frais de pesée, d’allotement et de facturation.

18 à 20 heures de travail par génisse

Autre avantage : Laurent et Laurence ont gagné plusieurs mois d’âge au vêlage grâce à la technicité des éleveurs de génisses. « Il y a des réglages à prévoir. Nous avons commencé par faire élever 30 génisses, mais nous avons maintenant trop d’animaux car elles vêlent à 24 mois. Nous sommes donc passés à 24 génisses en délégation. » Selon ses calculs, Eilyps a constaté que l’âge au vêlage était en moyenne de 29,3 mois dans les élevages avant délégation ; il est de 23,9 mois avec Délég’génisses, soit un gain de 5,4 mois. Les génisses sont inséminées en moyenne au poids de 400 kg. Elles pèsent 611 kg cinquante jours avant vêlage, et 650 kg au vêlage. Leurs résultats de production lors des premiers contrôles laitiers sont légèrement meilleurs que ceux des génisses non déléguées âgées de 30 mois, et la qualité sanitaire du lait est bonne.

Pour le Gaec Plaisir des champs, la délégation de l’élevage des génisses représente aussi une économie de temps de travail de 18 à 20 heures par génisse, soit près de 500 heures. L’exploitation non autosuffisante en production fourragère peut limiter ses achats à 4 ha. Enfin, sa charge en azote passe de 184 à 152 unités/ha. Du point de vue économique, le niveau de l’excédent brut d’exploitation (EBE) est estimé à 136 euros/1 000 litres, contre 128 euros sans délégation. À cela s’ajoute l’économie de 14 500 euros d’annuités supplémentaires pour la création d’un bâtiment génisses.

Bientôt 17 éleveurs spécialisés en Ille-et-Vilaine

Aujourd’hui, le service Délég’génisses en Ille-et-Vilaine représente 45 naisseurs, 13 éleveurs de génisses spécialisés, et 680 animaux en délégation. Il faut y ajouter un éleveur de génisses bio pour neuf naisseurs bio. « Nous avons six à sept naisseurs sur liste d’attente avec à chaque fois 35-40 génisses, indique Cyril Renaudin, responsable du service chez Eilyps. Nous devrions donc atteindre rapidement un millier d’animaux, et nous aurons besoin de 17 éleveurs spécialisés d’ici à fin 2018. » La reconversion vers l’élevage de génisses constitue pour certains une opportunité d’arrêter la production laitière. « Nous réalisons une étude économique sur ces exploitations afin de s’assurer qu’elles peuvent supporter une restructuration » précise Denis Planchais, administrateur d’Eilyps en charge de ce service.

TNC