le 07/03/2018 à 16:25

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Thaïlande Des progrès dans le secteur de la pêche mais les abus demeurent

Les conditions de travail dans le secteur de la pêche thaïlandaise, souvent décrites comme inhumaines, s'améliorent même si des abus persistent, ont estimé l'Union européenne et les Nations unies dans un rapport publié mercredi.

Quatrième exportateur de fruits de mer au monde, la Thaïlande est menacée depuis plusieurs années par l'UE d'une fermeture de son marché si elle ne fait pas le ménage, en termes de pêche illégale et de travail forcé notamment.

« Beaucoup a été fait, mais il reste encore beaucoup à faire », a déclaré Luisa Ragher, chargée d'affaires de la délégation de l'UE en Thaïlande, lors de la présentation du rapport co-réalisé avec l'Organisation internationale du travail (OIT) des Nations Unies. Quelque 430 travailleurs - travaillant sur des bateaux ou dans les usines traitant des produits de la mer - de onze provinces ont été interrogés en mars et avril 2017. Le secteur emploie principalement des travailleurs immigrés et beaucoup de migrants illégaux.

Par rapport à l'étude précédente qui remonte à 2014, moins de violences physiques ont été rapportées par les travailleurs, les salaires ont globalement augmenté et environ 40 % des pêcheurs ont maintenant des contrats. Mais le tableau reste noir sur le plan des congés : près des 2/3 des personnes interrogées n'ont pas de journée de repos dans la semaine et 1/4 d'entre eux sont souvent retenus une année entière sur les bateaux. Les femmes travaillant dans le secteur sont également victimes de discriminations : 52 % d'entre elles sont payées en dessous du salaire minimum légal.

La junte au pouvoir en Thaïlande a promis d'appliquer plus drastiquement la loi mais les ONG estiment souvent qu'il ne s'agit que de progrès en surface. Greenpeace avait dénoncé il y a un peu plus d'un an les nouvelles pratiques du secteur qui envoyait ses bateaux vers des eaux éloignées et écologiquement vulnérables à proximité des côtes africaines pour fuir les contrôles renforcés.

AFP