le 13/03/2018 à 14:25

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Carrefour Les deux premiers syndicats appellent à la « grève générale » le samedi 31 mars

Force Ouvrière et la CFDT Carrefour, deux premiers syndicats du géant de la distribution, appellent à une grève samedi 31 mars « sur l'ensemble du groupe » et espèrent « de nombreux magasins fermés ou perturbés », ont-ils annoncé mardi, un peu moins de deux mois après l'annonce de la suppression de milliers d'emplois.

« L'ensemble des délégués syndicaux Force Ouvrière Carrefour des magasins de proximité, supermarchés et hypermarchés, ainsi que des entrepôts (Supply Chain) et des sièges » ont décidé cette action pour répondre aux « attaques des actionnaires sur les emplois et la location-gérance et au hold-up sur (la) participation aux bénéfices » des salariés, explique FO dans un communiqué.

« On appelle tous les salariés de l'entreprise à cesser le travail le 31 » mars, soit pendant le week-end de Pâques, a de son côté déclaré à l'AFP Sylvain Macé pour la CFDT. « On est exactement sur les mêmes mots d'ordre » que FO, a-t-il expliqué. Selon Sylvain Macé, « des arrêts de travail » devraient avoir lieu « dans tous les magasins », avec « certainement » des magasins fermés. « On s'attend à un mouvement qui va être suivi », avec de « nombreux magasins fermés ou perturbés » et possiblement « des approvisionnements difficiles », a assuré à l'AFP Michel Enguelz, représentant de FO Carrefour. « Il y a déjà des arrêts de travail en ce moment », a-t-il par ailleurs précisé, « notamment dans la logistique », c'est-à-dire dans les entrepôts qui fournissent les magasins. Si ces débrayages prennent de l'ampleur, des « pénuries de marchandises » peuvent être attendues « dans certains magasins », dès la « fin de la semaine », a-t-il estimé. « Maintenant, entre aujourd'hui et le 31, la direction peut peut-être faire des propositions et changer la donne », a avancé Michel Enguelz.

Le « plan stratégique » pour le groupe Carrefour, annoncé fin janvier par son patron Alexandre Bompard, prévoit la suppression de 2 400 postes dans les sièges du groupe, via un plan de départs volontaires, et la sortie du groupe de 273 ex-magasins Dia, qui affecte 2 100 salariés, avec un plan social à la clé.

Auparavant, Carrefour avait également annoncé le passage en location-gérance de cinq de ses hypermarchés, avec une perte de rémunération équivalente à deux mois pour les employés concernés, selon la CFDT.

Les salariés devraient en outre toucher cette année une cinquantaine d'euros de participation seulement, contre plusieurs centaines d'euros habituellement, a-t-on appris vendredi. Une « double peine » pour la CFDT, les salariés devant faire face, en plus des restructurations, à une perte de « pouvoir d'achat ». Les deux syndicats demandent à ce que cette prime soit compensée par l'entreprise pour atteindre le même montant que l'année précédente, soit 600 euros. Une réunion sur ce sujet doit avoir lieu mercredi avec la direction, a indiqué Michel Enguelz.

AFP