le 13/03/2018 à 14:25

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Bilan météorologique Un hiver 2017-18 très mouvementé en France

Températures moyennes en hiver en France. (©MeteoNews)

Températures moyennes en hiver en France. (©MeteoNews)

Des pluies record en décembre et janvier, une douceur record en janvier, un froid omniprésent en février et des phénomènes violents à répétition… L’hiver 2017-18 a été particulièrement agité sur la France. Frédéric Decker de MeteoNews fait le point.

Côté thermomètre, décembre de saison (- 0,1 degré d’écart à la norme) a cédé la place à un mois de janvier exceptionnel, record de douceur battant 2007 et 1988 qui détenaient le chiffre maximum jusque là (8,2 degrés cette année contre 7,7 en 2007 et 1988). L’excédent moyen mensuel a atteint 3,1 degrés. Si les mois de janvier très doux sont majoritairement suivis de mois de février doux, 2018 fait mentir cette tendance.

Février a en effet été particulièrement froid avec 3,4 degrés pour une moyenne de 5,7 degrés, soit 2,3 degrés de déficit. La fin février s’est déroulée sous une vague de froid tardive avec des pics de froid de - 10 à - 15 degrés sur de nombreuses régions le 28. Résultat sur ces trois mois d’hiver : l’hiver 2017-2018 ne se démarque pas spécialement : 5,8 degrés pour une moyenne de 5,6 degrés, soit dans la norme (+ 0,2 degré).

Beaucoup d’eau

Décembre et janvier ont cumulé les records avec 221 mm de précipitations en moyenne nationale, battant les 219 mm de décembre 1981 - janvier 1982. Le retour à des précipitations de saison en février (56 mm pour une moyenne de 55 mm) a permis de « limiter la casse ». L’hiver météo se termine à 277 mm en moyenne sur l’Hexagone pour une normale de 199 mm.

Sept hivers restent plus arrosés que cette année : 1954-55, 1965-66, 1976-77, 1978-79, 1993-94, 1994-95 et 2013-14. Ces précipitations abondantes et fréquentes, notamment de fin novembre 2017 au 31 janvier ont provoqué d’importantes inondations sur la France, du Sud-ouest aux régions de l’Est en passant par le bassin de la Seine.

Soleil dans les choux

L’hiver 2017-18 a été bien sombre, en particulier le mois de janvier qui s’est permis de battre un record de faiblesse avec seulement 53 heures de présence de soleil contre 56 heures en 1955 désormais en deuxième position. Décembre n’avait déjà pas été très lumineux.

Février sauve presque les meubles avec un ensoleillement quasiment de saison : 106 heures pour une moyenne de 109 heures, et ce surtout grâce à la fin de mois particulièrement lumineuse lors de la mise en place du « Moscou-Paris », flux continental très froid mais aussi très sec. Le total des trois mois atteint 221 heures, chiffre très bas (normale 274 heures) se plaçant en cinquième position des hivers les plus sombres derrière 2009-10 (220 heures), 1969-70 (213 heures), 1954-55 (215 heures) et 1950-51 (211 heures).

Phénomènes particuliers

Cet hiver a été très riche en événements météo remarquables à violents. En décembre et janvier, plusieurs tempêtes ont traversé le pays, en particulier l’ouest et le nord avec des rafales dépassant souvent 100 km/h, notamment le 3 janvier avec Eleanor (147 km/h à Cambrai). Une activité orageuse anormale du 10 décembre à début janvier sous un rapide courant océanique. Les jours d’orages ont été largement excédentaires sur la plupart des régions (3 à 4 fois les normales).

D’importantes et durables inondations ont découlé des pluies répétitives et abondantes de décembre et janvier sur des très nombreux cours d’eau, notamment des frontières de l’est au sud-ouest (Saône, Rhône, Doubs, Meuse, Seine etc).

L’enneigement a atteint des chiffres exceptionnels et parfois des records en termes de cumuls courant janvier en moyenne et haute montagne grâce au flux océanique très présent, cumuls dépassant parfois 7 mètres en moins de deux mois !

La neige s’est invitée à plusieurs reprises en plaine en février, sur une large moitié nord du 6 au 10, et sur la plupart des régions en toute fin de mois. Des accumulations de neige parfois record ont pu être atteintes : 20 à 40 cm en Eure-et-Loir et dans le Loir-et-Cher, 15 cm à Ajaccio et plus de 40 cm le 28 dans l’intérieur du Languedoc et de la Provence avec bien sûr d’importantes perturbations.

Un hiver atypique, temporairement exceptionnellement doux en janvier, froid et neigeux en février, très pluvieux avec des inondations importantes, peu ensoleillé et parfois violent (tempêtes, crues, neige et avalanches). Mais un hiver dans la norme thermiquement parlant, l’extrême avance de janvier ayant été quasiment comblée par le froid de février.

TNC