le 02/08/2018 à 12:25

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Néonicotinoïdes Les betteraviers appellent le Président à respecter ses engagements

A l’occasion de la présentation du plan Ecophyto fin juillet, « le gouvernement annonçait sans concertation qu’il n’y aura pas de dérogation pour les néonicotinoïdes utilisés en enrobage de semences de betteraves sucrières ». La liste de cinq néonicotinoïdes interdits à partir du 1er septembre a été publiée mercredi 1er août par le gouvernement. Emmanuel Macron s’était engagé à ne laisser aucun agriculteur dans des impasses techniques. « Cette décision n’offrant aucune solution face à la jaunisse virale, les betteraviers de la CGB appellent le Président à respecter ses engagements et le gouvernement à revenir sur un choix mettant en péril l’avenir de la filière. »

« Il n’y a pas d’alternative réelle à l’enrobage des semences de betteraves avec des néonicotinoïdes alors que les ravageurs semblent déjà montrer des résistances aux principaux insecticides de substitution par traitement foliaire » concluait l’Anses dans sa dernière évaluation. « Cette résistance aux pyréthrinoïdes et carbamates pour lutter contre les pucerons vecteurs de la jaunisse virale a depuis été corroborée à plusieurs reprises par les instituts techniques betteraviers français, belge, hollandais ou encore anglais », indique la Confédération générale des planteurs de betteraves (CGB) dans un communiqué de presse.

« Non seulement le refus d’une dérogation à l’interdiction de l’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semences de betteraves équivaut à renier un engagement présidentiel de ne pas laisser les agriculteurs dans une impasse technique, mais c’est aussi et surtout exposer ces derniers à des pertes de production allant jusqu’à 50 %. Une décision qui étonne d’autant plus les betteraviers français, alors que plusieurs pays européens étudient la possibilité d’octroyer de telles dérogations », poursuit le syndicat.

« La filière juge cette situation inacceptable car elle a proposé d’aménager l’utilisation des néonicotinoïdes en enrobage de semences de betteraves lors des deux prochaines années pour se donner du temps pour aboutir dans cette recherche d’alternatives. Utilisation de la molécule au temps de dégradation le plus court, réduction des doses de 30 % par hectare, encadrement des successions culturales après la betterave, promotion de la mise en place de bandes mellifères : autant de propositions qui prouvent que la filière agit en pleine responsabilité. Mais celles-ci n’ont jamais pu être débattues avec les ministres ou même les responsables des ministères de l’agriculture, de la transition écologique ou de la santé tous trois compétents sur le dossier, malgré de multiples demandes de rendez-vous. »

« Empêcher la filière d’aboutir dans sa recherche active de nouvelles solutions autour de produits de biocontrôle, de nouvelles variétés ou de plantes de service, c’est déstabiliser des régions betteravières entières, c’est fragiliser des sites industriels structurants pour l’économie de leurs territoires. Que souhaite le gouvernement en frappant aveuglément une filière reconnue pour son excellence ? Que souhaite le gouvernement en restant sourd à nos demandes de concertation ? Face à cet aveuglément et à cette surdité, les betteraviers en appellent à la parole présidentielle pour sortir les 26 000 betteraviers de l’impasse technique dans laquelle ils sont plongés. »

TNC