le 10/08/2018 à 11:25

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Reportage au Gaec Gardanes (53) Cinq associés et de la technologie pour produire 1,2 million de litres

De gauche à droite : Véronique, Clément, Sarah, Didier et Nicolas qui composent le Gaec Gardanes à Astillé (53) (©Terre-net Média)

De gauche à droite : Véronique, Clément, Sarah, Didier et Nicolas qui composent le Gaec Gardanes à Astillé (53) (©Terre-net Média)

Le jeudi 30 août 2018, le Gaec Gardanes ouvrira les portes de son élevage situé à Astillé au cœur de la Mayenne. Découvrez en avant-première cette exploitation où les nouvelles technologies ont toute leur place pour aider les 5 associés à produire les 1,2 million de litres de lait de leur contrat.

Leur accent du Sud est toujours là ! Cela fait pourtant huit ans que la famille Gardanes a quitté sa ferme du Tarn-et-Garonne pour s’installer en Mayenne. « Nous faisions du lait et des légumes, explique Véronique Gardanes, mais nous ne parvenions pas à s’agrandir. Nous sommes alors partis à la recherche d’une autre exploitation et c’est ici à Astillé que nous avons repris 160 ha et 500 000 litres de quota en 2010. »

5 associés : chacun à son poste

Nicolas, l’ainé des deux fils, a rejoint le Gaec Gardanes peu de temps après l’installation de ses parents, suivi en 2015 par son frère Clément et sa belle-sœur Sarah en 2017. Les associés ont alors saisi l’opportunité de reprendre deux exploitations successives sur 2015 et 2016, qui les amènent aujourd’hui à exploiter 230 ha et produire 1 200 000 litres. Pour augmenter leur production, les éleveurs ont acheté quelques animaux à l’extérieur et se sont surtout concentrés sur le renouvellement de leur troupeau. Le troupeau actuel comprend 130 vaches laitières dont la moitié sont des primipares.

Le Gaec dispose également d’un atelier de 260 veaux de boucherie et d’un atelier porcin (270 porcs label rouge sur paille et 360 conduits en filière classique + 400 places en post-sevrage). Avec cette diversification, les associés n’ont pas le temps de s’ennuyer ! Côté organisation du travail, chacun est à son poste : Didier, le père, s’occupe plutôt du travail de plaine tandis que sa femme reste sur l’élevage, Nicolas gère l’alimentation des vaches laitières, Clément l’affouragement, l’élevage des génisses et des porcs, tandis que Sarah se concentre sur les veaux.

À la pointe des nouvelles technologies

Doubler le cheptel c’est bien mais il faut pouvoir loger tout le monde. Pour cela, le Gaec a fait construire une nouvelle stabulation dont le bardage est fait de filets brise-vent contrôlés par une station météo. Située sur le pignon du bâtiment, celle-ci mesure la température extérieure, le taux d’humidité, la vitesse du vent et sa direction. Avec ces données, elle contrôle la ventilation du bâtiment par l'ouverture les filets.

Pour leur confort, les vaches sont en logettes avec tapis + paille. L’installation de traite 2x6 postes a été remplacée par deux robots de traite Delaval. Une caméra BCS a été installée afin d’évaluer la note d’état corporel des animaux à chacun de leur passage au robot ce qui permet aux éleveurs d’inséminer au bon moment. « Il faut que les vaches soient suffisamment en état pour être mises à la reproduction, explique Nicolas. Pour les génisses, elles doivent atteindre 400 kg avant d’être inséminées. On vise un vêlage à 24 mois. » Concernant les veaux, ils sont en cases individuelles durant 1 mois puis sont regroupés en igloo jusqu’à 6 mois. Dès leur 5e jour, ils sont nourris à la poudre distribuée par un taxi à lait.

1 million d’euros pour s’agrandir et se moderniser

Une désileuse automotrice et un robot repousse fourrage complètent la gamme d’équipements technologiques dans le bâtiment des vaches laitières. Les génisses et vaches taries sont, quant à elles, dans un autre bâtiment. Les génisses disposent d’ailleurs de logettes afin de vite s’y habituer. Les éleveurs sont équipés dans la détection des chaleurs et des vêlages et disposent d’une caméra au-dessus des boxes de vêlage.

Au total, depuis leur installation, les associés ont déboursé près d’un million d’euros dans la reprise des exploitations et la modernisation de leur outil de production. « Si c’était à refaire, on n’aurait sûrement pas agrandi le troupeau laitier et on aurait installé qu’un seul robot, affirme Nicolas qui estime que les échéances restent importantes. On aurait plutôt développé l’atelier veaux de boucherie. »

Lait de pâturage et sans OGM : + 21 €/1000 litres

Avec la mise en route des robots de traite, la famille Gardanes avait exclu le pâturage de leur système. Ils ont néanmoins changé leur feuille de route. Ils se sont récemment engagés dans la nouvelle charte de leur laiterie Bel : les vaches ont une alimentation sans OGM (qui leur confère + 6 €/1000 litres) et ont accès à 10 ha de prairies autour de la stabulation (+ 15 €/1000 litres). Cette prime de 21 €/1000 litres vient s’ajouter au prix du lait de base de 350 € sur 2018.

Les éleveurs se sont également tournés vers l’affouragement en vert . Ils distribuent ainsi de l’herbe durant 6 mois de l’année. Dans l’ordre de récolte : RGI + trèfle, RGA + trèfle, luzerne et enfin du colza fourrager jusque novembre.

TNC