le 11/10/2018 à 11:25

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Notre-Dame-des-Landes 14 km2 à répartir entre différents projets agricoles

Quelque 14 km2, soit un peu plus d'un dixième de Paris intra-muros : c'est la zone où devait se construire l'aéroport de Notre-Dame-des-Landes et qui doit être partagée entre différents projets agricoles. Tour d'horizon des acteurs avant un nouveau comité de pilotage vendredi.

La préfecture

C'est la préfète Nicole Klein qui chapeaute le comité de pilotage, le troisième depuis mars. L'objectif vendredi est de « présenter les principes d'affectation définitives des terres ». En mai, le précédent « COPIL » avait permis de rendre compte de l'examen des différents projets agricoles. Des élus des communes concernées, la Chambre d'agriculture et quatre syndicats agricoles constituent notamment le comité de pilotage.

Le département

L'État, propriétaire des 1 425 hectares destinés à l'aménagement de l'aéroport et de sa desserte routière, a accepté le principe de rétrocéder au département de Loire-Atlantique 895 hectares que celui-ci lui avait vendus en 2012. Le département avait en effet été chargé entre la fin des années 1970 et 2008 d'acquérir des terres sur la zone retenue pour l'aéroport. Il souhaite en redevenir propriétaire, mais indique ne pas savoir à quelle date aura lieu la rétrocession.

L'Adeca, les agriculteurs « historiques »

L'Association de défense des exploitants concernés par l'aéroport (Adeca) a été la première association d'opposants au projet créée en 1973. Aujourd'hui, elle représente des agriculteurs qui ont toujours refusé de toucher des indemnités d'expropriation et de quitter leurs fermes. « Il y a eu un jugement au mois de mai, qui a dit OK, vous avez le droit de demander la restitution de vos biens », explique Sylvain Fresneau, président de l'association, au sujet des bâtiments et terrains dont ces agriculteurs étaient propriétaires.

Concernant les terres agricoles qu'ils louaient de longues dates, l'Adeca réclame des « baux normaux comme avant la procédure d'expropriation ». « Nous voulons que les exploitants historiques qui n'ont pas vendu soient reconnus comme tels et conservent leurs terrains », résume M. Fresneau.

L'Amelaza, les agriculteurs indemnisés

L'Association pour le maintien des exploitations légales sur l'ancienne zone aéroportuaire (Amelaza) a été créée juste après l'abandon du projet d'aéroport en janvier 2018. Le président Mickaël Mary explique que son association n'avait pas lieu d'être auparavant parce qu'il fallait éviter de « tomber dans un débat entre deux groupes qui voient l'agriculture différemment et finalement d'oublier le projet d'aéroport qui était le combat principal ».

Maintenant que l'aéroport n'est plus à l'ordre du jour, la trentaine d'agriculteurs de ce groupe veut faire valoir sa légitimité. Aucun d'entre eux n'a son siège sur l'ancienne zone aéroportuaire mais beaucoup sont depuis longtemps locataires de terres qu'ils ont continué d'exploiter, même après avoir touché des indemnités. En effet, durant toutes les années entre l'annonce du projet et le début des travaux qui n'ont finalement jamais eu lieu, les porteurs du projet d'aéroport voyaient d'un bon œil que ces agriculteurs entretiennent des terres, qui sinon seraient parties en friches. « On est à l'automne, il y a des semis à faire, l'agriculture est un métier de saison », insiste Mickaël Mary, qui espère des solutions rapides pour attribuer les terres.

NDDL, poursuivre ensemble

A l'inverse de l'Adeca et l'Amelaza, l'association « NDDL, poursuivre ensemble » créée fin août, ne participe pas au comité de pilotage. « Poursuivre ensemble » a pris la suite de l'Acipa, qui fut longtemps la principale association anti-NDDL et a été dissoute fin juin, la majorité de ses membres souhaitant s'arrêter après la victoire contre l'aéroport. Vendredi, « Poursuivre ensemble » a appelé à un rassemblement devant la préfecture, aux côtés d'autres associations représentant les « zadistes », comme Copains 44 et Naturalistes en lutte. Ils entendent dénoncer « une grande braderie des terres agricoles et des zones sensibles d'un bien commun arraché à la destruction de haute lutte ». Leur présence visera aussi à défendre une « paysannerie solidaire » qui se traduit concrètement sur la ZAD (l'ancienne zone d'aménagement différée que les anti-NDDL avaient rebaptisée « zone à défendre ») par une quinzaine de projets agricoles déclarés auprès de la préfecture. Une délégation de ce mouvement qui défend « un avenir commun dans le bocage » tient par ailleurs des rencontres régulières avec la préfecture pour appuyer ces projets.

AFP