le 27/04/2017 à 10:50

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Académie d'Agriculture La méthanisation : une source d'énergie renouvelable – état des lieux du développement en France

La méthanisation : une source d'énergie renouvelable

La méthanisation : une source d'énergie renouvelable

Dans le cadre de ses travaux de réflexions prospectives, l’Académie d’Agriculture a constitué groupe de travail sur les potentiels de la science pour l’avenir de l’agriculture, de l’alimentation et de l’environnement. Ce groupe s’est notamment interrogé sur la méthanisation et ses perspectives de développement en France.

La méthanisation répond à deux objectifs : elle constitue une source d’énergie renouvelable qui s’inscrit parfaitement dans la Loi de Transition Energétique et elle est une filière alternative au traitement des déchets organiques notamment d’origine agricole et agro-industrielle, voie préférée par la France qui a écarté l’utilisation de plantes de grandes cultures pour la production de biogaz, contrairement à l’Allemagne, leader européen.

Découverte suite à la mise en évidence de l’inflammabilité des gaz de marais par A. VOLTA en 1776, elle permet, via une fermentation anaérobie, la production d’un biogaz composé en majorité de méthane. Ce méthane peut être utilisé soit dans un moteur de cogénération pour produire de la chaleur et de l’électricité, soit épuré et injecté dans un réseau de gaz naturel. De la fermentation, on retire un digestat qui, selon la qualité des intrants traités, peut servir d’engrais et être épandu sur les terres agricoles.

Simple dans son principe, elle n’en est pas moins complexe à mettre en œuvre sur le plan industriel pour plusieurs raisons :

  • C’est une technologie qui, soumise à la réglementation des installations classées du fait des produits qu’elle véhicule, nécessite donc des autorisations administratives pour être mise en œuvre, souvent longues et difficiles à obtenir.
  • Mal connue du grand public, elle suscite des craintes auprès des populations avoisinant les installations et donc des problèmes d’acceptabilité.
  • Les investissements nécessaires au bon fonctionnement des installations sont coûteux, et ceux des raccordements aux réseaux publics (électricité ou gaz) peuvent s’avérer prohibitifs notamment pour des raisons d’éloignement.
  • Liée à des contrats longue durée (entre 15 et 20 ans) de rachat d’électricité ou de gaz à des tarifs fixés par l’Etat, la rentabilité d’un grand nombre d’installations reste aujourd’hui précaire malgré des subventions d’investissement nationales ou régionales indispensables.
  • Le prix des intrants, leur pouvoir méthanogène et la pérennité de leur approvisionnement, la gestion du digestat, la valorisation de la chaleur pas toujours garantie, sont des facteurs susceptibles de peser également sur la rentabilité.
  • Malgré toutes ces difficultés, on constate depuis deux ans, grâce notamment à un réajustement des tarifs de rachat, une augmentation sensible du nombre d’installations, notamment du type agricole ou "à la ferme", qui semblent, de par leur taille petite ou moyenne, permettre d’atteindre un équilibre économique acceptable pour leurs exploitants, alors que les plus grosses installations doivent faire face à des contraintes supplémentaires, notamment en matière d’approvisionnement.

La méthanisation est, avec les biocarburants, une source d’énergie renouvelable issue de la biomasse qui participe à la réalisation des objectifs de la Loi de Transition Energétique votée en 2015. Les pouvoirs publics, qui avaient fixé des objectifs ambitieux pour le développement de cette technologie (1 000 méthaniseurs en 2020), loin d’être atteints à ce jour (environ 450 à fin 2016), ont décidé des aménagements tarifaires en 2015 puis fin 2016 puis des assouplissements réglementaires pour permettre un développement accéléré de cette filière qui présente un double intérêt énergétique et environnemental tout en permettant aux agriculteurs de diversifier leurs activités.

Pour consulter le rapport complet de l'AAF, c'est ici

Académie d'Agriculture de France