le 14/10/2017 à 10:20

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Académie d'Agriculture de France Protéger la nature? Oui, mais laquelle?

"On ne peut manquer de s'interroger sur ce grand capharnaüm qu'est la protection de la nature et la gabegie qu'elle suscite."

"On ne peut manquer de s'interroger sur ce grand capharnaüm qu'est la protection de la nature et la gabegie qu'elle suscite."

Ce que nous appelons nature est une co-construction entre des processus spontanés et les activités humaines. Pourtant, nos programmes de restauration écologique agissent comme s'il existerait une nature vierge et intrinsèque. La composante sociale des relations homme-nature est ainsi marginalisée et on engage le pays dans une politique environnementale jacobine, sectorielle et virtuelle qui fait fit des particularités locales, de la gouvernance et de la prospective.

Dans cette note, l'auteur explique que l'histoire de la vie est faite de ruptures, d'hécatombes, d'innovations, et d'adaptations. La diversité biologique est le produit de ces changements. Il n'y a pas de diversité biologique "naturelle", mais une biodiversité "hybride", qui a évolué avec l'Homme.

Les idées fausses ou les croyances sont pourtant omniprésentes quand il s'agit de porter un regard sur la nature. L'Homme y est souvent perçu comme l'intrus".

Dans notre société moderne, la nature est ainsi devenue un lieu d'affrontements économiques, sociaux et idéologiques. Quelles natures et quels paysages voulons-nous reconquérir aujourd'hui? Personne ne semble savoir aujourd'hui.

Dans ce contexte, la loi sur la reconquête de la nature, des paysages et de la biodiversité du 8 août 2016 ouvre sur un vide sidéral : l'impossibilité de se fixer des objectifs précis en matière de reconquête en dehors des principes généraux tels que réduire les pollutions ou protéger des habitats. Ainsi, la politique la plus fréquente consiste à vouloir conserver l'existant dans des aires protégées d'où l'homme est exclu.

Quoi qu'il en soit, la nature n'est pas en équilibre et les systèmes écologiques s'inscrivent sur des trajectoires spatiales et temporelles. L'alternative serait donc d'accepter l'idée de changement et de l'accompagner en essayant de piloter, dans les limites du possible, les trajectoires de nos systèmes anthropisés.

Pour consulter la publication dans son intégralité, cliquez ici.

Christian Lévêque (AAF)