le 28/10/2017 à 10:20

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Académie d'Agriculture de France La protection phytosanitaire des cultures

 "Dans le domaine de la protection des cultures, on ne peut que regretter l'interdiction d'une stratégie nouvelle qui a fait ses preuves et qui apporte, dans certaines situations, un réel progrès."

"Dans le domaine de la protection des cultures, on ne peut que regretter l'interdiction d'une stratégie nouvelle qui a fait ses preuves et qui apporte, dans certaines situations, un réel progrès."

Dans un contexte de demande sans cesse croissante en matières premières agricoles, de diminution des surfaces agricoles utiles et de changement climatique, il est indispensable de produire plus et mieux sur moins de surfaces. Pour cela, il faut associer amélioration variétale, fertilisation raisonnée et protection phytosanitaire des cultures et des denrées stockées à des coûts compatibles avec les exigences économiques.

Grâce aux progrès réalisés dans la conception et la synthèse de molécules de plus en plus performantes et sélectives, les industriels de l'agrochimie sont à même de fournir aux agriculteurs des spécialités, véritables médicaments des plantes, leur assurant à la fois une production de qualité et, par voie de conséquence, la stabilité de leurs revenus. Leur utilisation raisonnée et le respect des conditions d'usage n'ont jusqu'à présent pas entraîné de risques majeurs pour l'environnement et la santé des consommateurs. Il ne faudrait pas que sous la pression des écologistes qui véhiculent une image négative de la chimie, les efforts de R&D dans ce domaine ralentissent. En effet, l'innovation sera de plus en plus nécessaire pour faire face aux défis du futur et assurer une agriculture durable.

Parallèlement, on assiste maintenant au développement des biopesticides qui, contrairement à ce qu'en pensent leurs défenseurs, ne doivent pas se substituer à la lutte chimique mais en être complémentaires. Ils représentent en quelque sorte la "médecine douce" de protection des plantes et, malgré les prises de position politiques très favorables à leur développement, leur efficacité n'est pas toujours reproductible et quelquefois difficile à apprécier selon les critères généralement admis. De plus, ils exigent une mise en place plus délicate sur le terrain, pas toujours à la portée des utilisateurs potentiels. Les industriels, d'abord réticents, semblent prêts maintenant à se lancer dans l'aventure. Ils seront les garants de la fourniture de produits certifiés ayant fait l'objet d'une évaluation préalable rigoureuse dans un cadre réglementaire encore à définir. Les biopesticides seront certainement longs à s'imposer et ne pourraient pas apporter une solution rapide à une crise phytosanitaire majeure.

Les plantes GM, capables de s'auto-défendre contre leurs agresseurs ou de résister aux herbicides, constituent une voie nouvelle et prometteuse de protection des cultures qui a sa place dans l'ensemble des méthodes mises à disposition des agriculteurs et qui devra être évaluée sereinement dans le long terme.

Dans une agriculture confrontée à des demandes sans cesse croissantes, les pertes doivent être réduites au maximum et les rendements menés à leurs meilleurs niveaux. Pour assurer la durabilité de ces deux impératifs, protéger les cultures est un objectif permanent et aucun des moyens existants ne doit être négligé.

Pour consulter la publication dans son intégralité, cliquez ici.

Charles Descoins (AAF)