le 12/12/2017 à 20:25

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Académie d'Agriculture de France Le transfert de gènes : un des moteurs essentiels de l'évolution

 "Contrairement à la notion intuitive, renforcée par l'enseignement des vues fixistes d'Aristote depuis le moyen-âge, les génomes des organismes ne sont pas fixes."

"Contrairement à la notion intuitive, renforcée par l'enseignement des vues fixistes d'Aristote depuis le moyen-âge, les génomes des organismes ne sont pas fixes."

La domestication des processus de transferts de gènes par l'homme, et surtout leurs utilisations pratiques dans les plantes transgéniques, alimentent des controverses multiformes. Le motif principal, et global, de rejet invoque les dangers potentiels de ces novations biologiques. Or les nombreuses informations, fournies par les séquençages d'organismes divers, révèlent l'extraordinaire dynamique naturelle des transferts de gènes, totalement insoupçonnée jusque vers le début des années 1980.

L'ensemble des données accumulées par la génomique confirment pleinement le rôle des transferts de gènes dans l'évolution des formes de vie, et tout particulièrement pour les végétaux. De nombreux éléments vérifient les théories symbiotiques énoncées de façon prémonitoire dès le début du siècle dernier (Mereschkowsky, 1905), mais difficilement admises et redécouvertes (Margulis, 1970), toujours réfutées par certaines idéologies...

Malheureusement, les données récentes ne sont pas encore vulgarisées. De fait elles généralisent et confirment ce que la génomique végétale avait révélé dès le début des années 1980 : la souplesse et la mobilité naturelle des génomes des cellules végétales (Timmis et Scott, 1983), qui étaient tenues pour acquises par les quelques équipes qui s'intéressaient à la mise au point des techniques de transferts de gènes expérimentaux. Cependant, ces premières preuves de la souplesse des génomes végétaux, assez "révolutionnaires", n'ont pas été vulgarisées du tout par les organismes de recherche.

Ce manque de communication s'est révélé particulièrement délétère et même suicidaire pour les dispositifs de recherche européens, lorsque les opposants à l'utilisation du génie génétique en amélioration des plantes ont choisit le "danger biologique" comme principal argument repoussoir... et ont réussi à l'imposer.

Il semble important que l'Académie d'Agriculture de France contribue à la vulgarisation de l'importance de la prévalence des mécanismes naturels de transferts de gènes ou d'ADN chez les végétaux, afin de tenter d'établir un climat plus serein dans les discussions sur les modalités pratiques du recours aux plantes transgéniques.

Pour consulter l'intégralité de la publication, cliquez ici.

https://www.academie-agriculture.fr/ 

Yves Chupeau (AAF)