le 11/01/2018 à 20:25

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Académie d'Agriculture de France Les prairies, ressources pour l'élevage et pour l'environnement, un compromis indispensable pour l'agriculture

 "Les prairies, d'une manière générale, ont intrinsèquement un fort potentiel pour coupler le carbone et l'azote et ainsi pour réguler les cycles biogéochimiques et les flux environnementaux."

"Les prairies, d'une manière générale, ont intrinsèquement un fort potentiel pour coupler le carbone et l'azote et ainsi pour réguler les cycles biogéochimiques et les flux environnementaux."

Les prairies, considérées comme des formations végétales herbacées pérennes utilisées par les herbivores sauvages et/ou domestiques, couvrent environ un quart de la surface continentale de la planète. Aujourd'hui, elles contribuent directement à l'existence de plus de 800 millions de personnes à travers le monde en produisant différents biens et services aussi bien directement pour les populations humaines qu'indirectement à travers les effets sur la faune, la flore et l'environnement.

Les prairies ne doivent pas être considérées seulement comme une ressource alimentaire pour l'élevage des herbivores domestiques et la production de nourriture d'origine animale pour les sociétés humaines, mais aussi et surtout comme une source de production de services écosystémiques qui contribuent à la durabilité de l'Agriculture. Le couplage des cycles du Carbone et de l'Azote (et des autres éléments) par la végétation et les microbes du sol permettent aux prairies de jouer un rôle important, au même titre que les forêts, dans la réduction des impacts environnementaux générés par l'intensification globale de l'Agriculture.

De plus, la grande biodiversité potentiellement hébergée par les prairies permet de conférer à ces agrosystèmes une grande capacité de résilience aux perturbations qu'ils subissent et une forte adaptabilité aux changements climatiques en cours. On peut pratiquer une intensification raisonnée des prairies par des apports de fertilisants pour augmenter la production d'herbe, et par une augmentation du chargement animal. Ceci permet d'optimiser la plupart des fonctions de l'écosystème prairial, à savoir : la séquestration du CO2 atmosphérique, la protection de la qualité des aquifères et la dynamique de la biodiversité. Cependant une intensification trop poussée visant exclusivement à maximiser la production animale permises provoque une détérioration de ces services écologiques et environnementaux. Il convient donc dans chaque situation de déterminer l'optimum d'intensification de la prairie qu'il convient d'atteindre et de mettre en œuvre les modes de conduite de la prairie correspondant dans le cadre des systèmes de production agricoles.

Pour consulter l'intégralité de la publication, cliquez ici.

https://www.academie-agriculture.fr/ 

Gilles Lemaire (AAF)