le 01/02/2018 à 19:25

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Secteur phytosanitaire La réduction de l'utilisation des produits phytopharmaceutiques

 "Premier pays agricole d'Europe, la France est le deuxième État membre consommateur de produits phytopharmaceutiques en volume."

"Premier pays agricole d'Europe, la France est le deuxième État membre consommateur de produits phytopharmaceutiques en volume."

Une mission interministérielle a été chargée d'étudier la mise en œuvre de l'élimination progressive des produits phytopharmaceutiques annoncée par le Président de la République.

Les principales conclusions de la mission sont les suivantes.

Les efforts de recherche sur l’impact des produits phytopharmaceutiques (PPP) doivent être poursuivis, mais le degré des certitudes déjà acquises sur les effets des produits phytosanitaires impose de prendre des mesures fortes et rapides sauf à engager la responsabilité des pouvoirs publics.

Si des réductions d’impact sont nécessaires, la pertinence d’objectifs nationaux en termes de réduction d’utilisation des PPP doit être réaffirmée.

Jusqu’à présent, les mesures prises ne sont pas suffisamment dimensionnées pour permettre de réduire significativement la dépendance aux pesticides de l'agriculture qui se heurte à d’importants freins économiques. Les moyens d’Écophyto et les modes de pilotage adoptés sont sans commune mesure avec l’enjeu et ne permettront pas, en l’état, d’impulser une dynamique suffisante pour assurer une transition réelle vers des systèmes alternatifs.

Aussi, même si une véritable prise de conscience commence à se dessiner, le paradigme est encore celui d’un aménagement des pratiques actuelles et pas celui d’une transition réelle vers un nouveau système.

A minima, des aménagements à Écophyto 2 sont nécessaires mais ceux-ci ne suffiront pas à accompagner la transition structurelle qui doit être opérée : d’autres leviers que ceux prévus actuellement doivent être activés.

Les outils existent pour diminuer rapidement l’usage d’un certain nombre de produits phytosanitaires en agriculture, car le panel des alternatives à mettre en œuvre est pour l’essentiel connu, notamment s’agissant de l’alternative aux herbicides.

Cependant, la lourdeur du processus européen de réexamen des autorisations de mise sur le marché et le caractère naturellement lent des mutations de modèles économiques des exploitations font craindre le risque de ne pas respecter la date de 2025 pour l’atteinte des objectifs d’Écophyto 2 (-50 %).

Il est donc nécessaire de se donner les moyens d’atteindre les objectifs de ce plan tout en prenant, dans l’intervalle, les mesures de sauvegarde et de protection indispensables.

L’objectif fixé ne pourra être obtenu que par l’affirmation au plus haut niveau de l’État d’une détermination sans faille du Gouvernement dans son ensemble à mener ce plan à terme et à utiliser pleinement les leviers existants pour le faire, à savoir : la mobilisation des financements publics pour favoriser la transition vers un usage économe, le développement de la filière Agriculture Biologique et la levée des freins existants à la valorisation des produits issus des filières économes en produits phytopharmaceutiques.

Les contrats de filières décidés à l'issue des EGA, en cours d’élaboration par la profession, devraient inclure systématiquement la thématique de la diminution de l’utilisation des pesticides dans cet esprit.

Lien vers le rapport : Utilisation des produits phytopharmaceutiques - Rapport (Tome 1) - Utilisation des produits phytopharmaceutiques - Annexes (Tome 2)

Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation/CGAAER