![]()
|
Visite
d’une exploitation de grandes cultures dans l’Aude |
|
Dans le cadre des
rencontres entre agriculteurs et consommateurs, initiées par FARRE et
l'Union des Consommateurs-Que Choisir, une visite a été
organisée dans l'Aude sur l'exploitation de grandes cultures conduite
par Bernard et Monique Charrier. |
|
L'exploitation de Bernard et Monique
Charrier est située à Pécharic-et-le-Py, dans la zone de la Piège,
à 15 Km au sud de Castelnaudary. Sur une superficie de 96 ha de SAU,
ils cultivent 46 ha de blé dur, 10 ha de tournesol, 4 ha de soja
semence, 20 ha de maïs semence, 4 ha de haricots, 2 ha de cultures
porte-graines et de jachère, à laquelle il faut ajouter 10 ha de bois. Aborder cette visite pour les consommateurs n'était pas, d'après leurs propres commentaires, "aisé", "la première question qui vient à l’esprit, pour les béotiens que nous étions, a été sur le choix des productions". Les visiteurs-consommateurs ont noté que le choix des cultures se fait "en fonction des débouchés et de la valorisation" qui peut en être escomptée. Ils ont apprécié le fait que "l’agriculteur maintenait une petite production de haricots du fait de son fort lien avec le terroir". Les trois éléments les plus marquants de cette visite, du point de vue des consommateurs, concernent la fertilisation, la protection et l’irrigation. Les consommateurs ont noté que la fertilisation et la protection phytosanitaire mesurées en fonction des besoins des parcelles sont à la fois un enjeu environnemental En ce qui concerne la question de l'eau, les productions céréalières et oléagineuses nécessitent un important apport en eau. Dans l'Aude, l’eau est un élément rare qu’il convient d’utiliser avec parcimonie. Pour régler cette question, l’agriculteur s’est associé avec sept de ses voisins pour créer une retenue collinaire de 10 hectares qui accumule l’eau et qui permet l’irrigation des exploitations. Au-delà du choix de Bernard Charrier, considéré comme exemplaire par les consommateurs, ceux-ci émettent cependant quelques réserves. "Notre interrogation et notre questionnement sur les modes de production pourraient se résumer à : « est-il raisonnable de laisser s’installer des agriculteurs pour produire des céréales et des oléagineux dans une région qui manque chroniquement d’eau ? » Pour sa part, Bernard Charrier a été "surpris par la pertinence des questions", lors de la visite de son exploitation. "Visiblement, les militants consuméristes sont très au fait des grands problèmes posés par les relations agriculture-environnement comme par exemple le lessivage ou l’érosion des sols, les nitrates ou encore l’intérêt des haies, des bandes enherbées, du travail du sol suivant les courbes de niveau", a-t-il noté. L'exploitant agricole comprend que les consommateurs "revendiquent un droit de regard" sur la manière dont le patrimoine collectif est géré par les agriculteurs. Néanmoins, la sécurité et la qualité sont avant tout une question de volonté. "La transparence n’est pas toujours la principale vertu de nos filières, reconnaît le producteur, et s’il y a eu des pratiques contestables, il est inadmissible qu’aucune action en justice n’ait abouti concernant les trafics sur les farines animales. Quand nous en avons la volonté, nous sommes capables de maîtriser parfaitement la logistique. En tant que producteur de semences, je peux vous affirmer que nous savons éviter les mélanges de variétés", ajoute-t-il. Quant à la question de l'irrigation, Bernard Charrier a rappelé que " Pour lui, "le vrai problème concernant l’irrigation est de veiller à ne pas épuiser la ressource en eau. C’est une affaire compliquée. En ce qui nous concerne, nous utilisons de l’eau stockée au cours des fortes précipitations épisodiques qui caractérisent notre climat", a-t-il précisé. Enfin, estimant de tels échanges entre consommateurs et producteurs, "intéressants dans la mesure où chacun se prête au jeu de la transparence et de l’ouverture", Bernard Charrier souhaitent que chacun prenne conscience de ses "responsabilités respectives sur ces questions de sécurité, de qualité, de modes de production sans pour autant oublier que beaucoup d’autres acteurs sont impliqués". Source FARRE |
|
18 décembre 2000 |
|
Voir aussi Visite d’un élevage porcin en Côtes-d’Armor, Visite d’un élevage de poulets de chair en Loire-Atlantique, Visite d’une exploitation fruitière dans le Maine-et-Loire Visite d'un élevage laitier dans le Nord |