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Dans le cadre des
rencontres entre agriculteurs et consommateurs, initiées par FARRE et
l'Union des Consommateurs-Que Choisir, une visite a été
organisée dans le Nord dans l'élevage laitier de Christel et
Jean-Marie George. |
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Située à Sars-Poteries, à 15 kilomètres
d'Avesnes dans le département du Nord, l'exploitation s'étend sur 160
ha de SAU, comprenant 12 ha de colza, 50 ha de blé tendre, 11 ha
d'orge, 43 ha de maïs et 44 ha de prairie. L'herbe et les céréales
sont destinées à l'alimentation du troupeau de 130 vaches laitières
de race Prim'Holstein plus quelques-unes de race Brune des Alpes. Le
colza est destiné à des usages industriels (Diester : additif pour
carburant) ou alimentaires (huile). Le lait est livré à la
coopérative laitière et sera commercialisé sous forme de lait en
brique. Les consommateurs, en visite dans cet élevage, entraient, pour la majorité d'entre eux, pour la première fois dans une exploitation de vaches laitières. D'emblée, ils ont constaté que la conduite d'un élevage laitier suppose une "forte technicité". Le choix des animaux, de la race sont primordiaux. "En d’autre terme, la génétique est un élément essentiel à la production". De même, l'alimentation des animaux est adaptée en fonction des besoins de chaque animal et de la saison. Les visiteurs-consommateurs ont semblé regretter que "les vaches laitières ne passent plus leur temps à brouter l’herbe dans les prés", mais ont salué le fait qu'elles "ne mangent plus, au moins depuis juillet 1990, de farines animales !" Sur l'exploitation de Christel et Jean-Marie George, les consommateurs ont noté que les vaches sont particulièrement bien identifiées. En plus "des traditionnelles boucles d’identification, l’agriculteur a mis en plus autour du cou de chaque bête une puce électronique qui est propre à l’exploitation et qui permet un suivi précis et individualisé. Cette identification permet de savoir exactement pour chaque vache combien de lait elle a donné lors des traites, s’il y a eu un problème sur la traite à un moment donné, etc. Les visiteurs-consommateurs ont également été sensibles à la volonté de maîtrise de l’impact environnemental En ce qui concerne la sécurité alimentaire et l'hygiène, soucis essentiels des consommateurs, ceux-ci ont constaté l'importance du suivi individualisé pour la traçabilité, "l’identification électronique permet par exemple d’extraire une vache malade du troupeau afin de la soigner et de ne pas utiliser son lait dans la collecte de l’ensemble du troupeau". Un dernier point qui inquiète les visiteurs de cet élevage laitier concerne l'alimentation des vaches, particulièrement pour tout ce qui provient de l'extérieur de l'exploitation, notamment le soja et le maïs, que l'éleveur ne peut garantir sans OGM. C'est l'occasion pour les consommateurs de préciser leurs griefs :"et si ce n’est pas l’exploitant qui est mis en cause sur ce sujet, ce sont les pouvoirs publics nationaux et européens d’une part (parce qu’ils n’ont pas su mettre en œuvre une réglementation adéquate) et les entreprises de l’agrofourniture d’autre part (parce qu’ils ne font pas les efforts nécessaires pour donner cette information)". Enfin, si les visiteurs-consommateurs se réjouissent d'avoir constaté que "le bien être-animal ou la préservation de l’environnement, ne sont pas en opposition avec la rentabilité et la productivité économique de l’entreprise", ils remarquent que la conduite d'élevage de Christel et Jean-Marie George "demande des investissements financiers importants" et s'interrogent sur la pérennité des petites exploitations : "y a-t-il un avenir pour des exploitations moins importantes et cela veut-il dire que les fermes plus petites doivent disparaître ? Pour leur part, Christel et Jean-Marie George qui ont ouvert les portes de leur exploitation "dans un objectif de totale transparence", ont insisté sur le fait que leurs vaches "broutent de l'herbe la majeure partie de l'année", d'avril à octobre, c'est-à-dire quand la météo le permet. En hiver, "elles En ce qui concerne les investissements lourds, il s'agit d'un "choix personnel...investir afin de moderniser notre outil de travail et de le pérenniser", ont souligné Christel et Jean-Marie George. Le bâtiment choisi a été conçu pour le bien être des animaux et pour donner "une plus grande marge de manœuvre en matière d’épandage. En effet, étant donné que nous pouvons stocker le lisier pendant 8 mois, nous avons la possibilité de choisir la période optimale d’épandage, en fonction de la réglementation bien sûr, mais également du stade végétatif de la culture et des conditions climatiques. Par ailleurs, depuis quelques mois, afin de limiter les odeurs lors de l’épandage, nous ajoutons au lisier des bactéries et des enzymes qui éliminent 90 % des odeurs. Cela nous coûte 10 000 F / an", ont-ils précisé. Au sujet de l'hygiène, il est important de rappeler, comme l'ont constaté Christel et Jean-Marie George, que c'est aussi un souci permanent pour les éleveurs. En effet, un visiteur "ne cacha pas son étonnement quand je lui ai expliqué que l’on nettoyait de fond en comble la salle de traite et tout le matériel, après chaque traite, c’est-à-dire 2 fois par jour". Enfin, Fiers de leur métier, Christel et Jean-Marie George ne rechignent pas à la tâche, mais aimeraient plus de reconnaissance et plus de dialogue. "Nous souhaiterions qu’une réflexion de fond soit engagée afin de ne pas perdre courage", concluent-ils. Source FARRE |
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18 décembre 2000 |
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Voir aussi Visite d’un élevage porcin en Côtes-d’Armor, Visite d’une exploitation de grandes cultures dans l’Aude, Visite d’une exploitation fruitière dans le Maine-et-Loire Visite d’un élevage de poulets de chair en Loire-Atlantique |