Jeunes Agriculteurs entend remettre au cœur du débat présidentiel les problématiques du foncier agricole, de l'alimentation de proximité et de l'installation des jeunes en agriculture. Le syndicat indique, dans un communiqué, avoir rejoint l'appel « Alimentons 2012 », un manifeste à la relocalisation de l'agriculture initié par Nature et progrès, une association de défense de l'agriculture biologique, et Minga, un collectif d'entreprises prônant une économie équitable.
« Les jeunes doivent savoir évoluer avec les attentes de la société. Et répondre à la demande de proximité est aujourd'hui un complément incontournable aux filières longues, que nous voulons bien sûr aussi continuer à faire progresser », explique Jean-Michel Schaeffer, le président de JA.
« En rejoignant d'autres acteurs de la société civile engagés pour l'alimentation, nous voulons rappeler nos priorités, à commencer par la défense de la terre et de notre métier. C'est une posture naturelle de la part de notre syndicat » poursuit-il.
Depuis plusieurs années, JA mène des actions de sensibilisation des consommateurs sur l'approvisionnement direct et local en matière d'alimentation. Chaque année, le syndicat se rend sur le parvis de la Défense, à Paris, pour son traditionnel « marché solidaire ».
« Force est de constater que nous ne sommes pas seuls à promouvoir une agriculture de proximité en phase avec les attentes des consommateurs, explique François Thabuis, secrétaire général adjoint du syndicat. Notre objectif est de rejoindre les autres organisations avec lesquelles nous partageons certaines idées en matière de politique de territoire et d'alimentation. »
JA rejoint ainsi, au sein de ce collectif, des organisations agricoles et environnementales telles que la Confédération paysanne, la Fncivam et Les amis de la terre.
Un collectif très critique à l'égard du modèle agro-industriel français
Le manifeste « Alimentons 2012 », quant à lui, est très critique à l'égard du modèle agro-industriel développé en France et dans les autres grandes puissances agricoles. « En nous dépossédant de notre rapport à l'alimentation, l'agro-industrie nous prive toujours plus du savoir produire, conserver et cuisiner les aliments. Elle mutile notre rapport aux sols, aux territoires et aux saisons. Elle nous prive des liens sociaux associés à la production, à l'échange et à la consommation de nourriture ».
Par ailleurs, dans le cadre de l'élection présidentielle 2012, le manifeste « Alimentons 2012 » demande aux partis politiques de « rendre public le bilan des actions concrètes et des initiatives conduites par leurs élus dans les territoires en matière de foncier agricole, d'installation paysanne et de développement des filières locales d'alimentation saine ».
Pour l'heure, aucun candidat à la présidentielle n'a répondu à la demande du collectif.
TNC