Le 31 décembre, Christian Vest, 70 ans, déguste avec son épouse un boeuf bourguignon. « J'ai senti comme un bout d'os dans un morceau de viande. Je me suis mis à saigner juste devant ma femme et j'ai sorti de ma bouche cette lame, je n'en revenais pas », avait expliqué début janvier à l'Afp l'ancien représentant de commerce qui réside aux Ponts-de-Cé (Maine-et-Loire).
Coupé légèrement à la lèvre supérieure, il avait contacté le Samu d'Angers, ainsi que le service consommateurs de la société William Saurin. Scandalisé de l'attitude désinvolte du groupe alimentaire, le couple a porté l'affaire en justice. Lundi, leur avocat, Me Emmanuel Ludot, a réclamé une expertise médicale de son client, ainsi que 5.000 euros de dommages et intérêts.
« Cette demande d'expertise est totalement loufoque » et les déclarations de M. Vest « invraisemblables », a plaidé son adversaire, Me Olivier Metzner. « Comment imaginer qu'un morceau de viande peut contenir une lame de 6 cm sans qu'elle soit visible ? », s'est étonné le conseil habituel de William Saurin. En outre, « si un homme de 70 ans se retrouve avec une lame de 6 cm dans la bouche, cela devrait provoquer des dégâts extrêmement importants » et non une blessure légère comme semble présenter l'intéressé.
Pour Me Metzner, qui évoque les détecteurs de métaux utilisés par William Saurin, « cette lame ne pouvait se trouver là », sinon « bien sûr que nous aurions stoppé la chaîne de fabrication ! » L'avocat suggère que c'est le retraité qui a lui-même fait tomber la lame dans la boîte de conserve après l'avoir ouverte avec un cutter. Hypothèse selon lui d'autant plus probable qu'un installateur de lino a témoigné avoir travaillé chez le couple peu avant et y avoir laissé des cutters similaires.
A présent, « William Saurin devient Nestor Burma », a ironisé Me Ludot, accusant l'entreprise de « monter une opération très scabreuse qui consiste à dire que les époux Vest sont des affabulateurs ». Selon lui, l'installateur de lino aurait tout bonnement été « briefé » par le groupe.
AFP