La preuve, une cabane de chantier, qui se transporte assez facilement, s'ouvre des trois côtés pour devenir un fast-food, trône à l'entrée du salon Sandwich and Snack Show, qui se tient jusqu'à jeudi à Paris. Une machine à expresso, installée à l'arrière d'un camion aménagé comme pour les marchés, où la paroi sert d'auvent, quelques viennoiseries le matin, des sandwichs voire des salades à midi : voilà le « street café », un nouveau concept de vente au comptoir. Il s'installe au pied des immeubles de bureaux, pour capter les employés avant leur entrée au bureau, lors de leurs pauses cigarettes...
« Avec 15.000 euros on peut créer sa propre entreprise »
Ces camions « spécialisés dans le café est un phénomène encore naissant en France, alors qu'il est plus implanté en Allemagne », mais il se développe très vite, explique Gaëtan Lienard, de Bcc, leader des fabricants français de véhicule magasin. A Paris se développe le vélo-triporteur qui propose des expressos chauds dans les quartiers de bureaux. « On vend aussi beaucoup de camions aménagés pour de la petite restauration, ou pour jus de fruits et smoothies, avec une tendance marquée pour les produits sains », explique-t-il. « Avec 15.000 euros on peut créer sa propre entreprise », explique-t-il. C'est le prix d'une remorque aménagée pour une petite restauration. Le camion Street Café se vend aux alentours de 30 voire 35.000 euros.
L'une des enseigne de restauration rapide Class'croûte s'est également lancée dans la vente ambulante avec dix « Moving Box » qui vont en province, « au plus près des entreprises un peu éloignées » pour proposer une offre de sandwiches, de soupes, de salades, explique Jean-Christophe Lienard, l'un des commerciaux. « Comme autrefois les crémiers-fromagers, les bouchers ont sillonné les routes », poursuit-il et chacun s'arrête dans 3 ou 4 endroits déterminés près d'une entreprise ou d'un parc d'activité. Class'Croûte compte développer ce secteur à hauteur de 15 camions par an.
« Il ne s'agit pas d'un phénomène de mode mais bien d'une tendance de fond »
« Je suis convaincu que venir au devant des gens est forcément une bonne idée », s'enthousiasme Rémy Lucas, à la tête de Cate Marketing, un cabinet conseil spécialisé dans les tendances culinaires. Et il ajoute, « avec un camion qui cuisine, même des plats simples sur place, on est dans la proximité, dans l'appétence... » Avant d'identifier deux freins : l'un administratif (ces ventes n'ont pas de statut bien défini et dépendent du bon vouloir des collectivités), l'autre plus culturel : « Il faut que les Français acceptent de manger dehors », alors que cette « street food » existe partout dans le monde.
Pour Bernard Boutboul, directeur du cabinet spécialisé Gira Conseil, « il ne s'agit pas d'un phénomène de mode mais bien d'une tendance de fond ». La preuve « certaines enseignes comme Daily Monop' ou Subway ont même désormais des "food trucks" », des structures plus imposantes, moins mobiles mais qui s'installent près de certains événements comme des stades ou des foires.
Le salon permet de constater une nouvelle montée en gamme des produits proposés, notamment dans les rayons « snacking » des grandes surfaces. Avec des quenelles, fabriquées par le traiteur lyonnais Giraudet, et vendus en « box » à réchauffer au micro-ondes. Toujours sur le segment des « box », né il y a trois ans et qui pèse 30 millions d'unités par an, existent des parmentiers de saumon, de rouget et d'eglefin ou de cabillaud. Ce qui permet de varier du menu pâtes, qui trustent 70 % des parts de marché des « box ».
AFP