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Publié le 24/07/2012 à 14:12

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Vu sur « Tech n’ bio » Montagne

Le compostage pour éliminer les effluents vitivinicoles

La chambre d’agriculture de Gironde, en partenariat avec la société Souslikoff, a mis au point un système de traitement autonome des effluents vitivinicoles, par compostage des sarments. Le compost obtenu, de bonne qualité, remplace l’apport éventuel d’un fertilisant. Ce nouveau concept ouvre la voie d’une gestion globale et autonome des déchets organiques et des effluents générés par l’activité vitivinicole.

Ce nouveau procédé d'élimination des effluents, mis au point par la chambre d'agriculture de Gironde et l'entreprise Souslikoff, constructeur de matériels viticoles, passe par un compostage des sarments broyés, puis par leur incorporation au cours de ce compostage. « Cela fait maintenant une dizaine d'années que nous travaillons sur ce projet, indique Maxime Christen, de la chambre d'agriculture de Gironde. Nous avons d'abord vérifié que le compostage à base de sarments était tout à fait possible. Mais il y avait la nécessité d'arroser les sarments, étant très secs. L'idée est donc venue d'utiliser les effluents vinicoles pour l'arrosage ».

Sarments, rafles, marcs, tontes, débris végétaux,...

Outres les sarments, le vigneron peut également y ajouter tout autre déchet organique issu de l'exploitation : rafles, marcs pour les viticulteurs en bio qui livrent par à la distillerie, ou encore tontes et débris végétaux issus du vignoble. Le principe repose plus précisément sur une dégradation de la matière organique par voie biologique et en aérobie, grâce à des humifications et des retournements réguliers de la matière organique, celle-ci étant stockée sur une plateforme couverte et spécifique à cet usage. En termes d'équipements, le vigneron doit disposer d'une cuve tampon afin de pouvoir stocker ses effluents vinicoles au moment des vinifications. Ces effluents sont ensuite épandus tout au long de l'année et au fur et mesure que la matière organique est apportée : l'hiver, lorsque les souches broyées issues des arrachages et les sarments broyés issus de la taille sont amenés, au moment des vendanges, lors de l'apport des rafles séchées ou encore lors des pressurages, avec l'ajout éventuel des marcs.

L'incorporation de la matière organique par retournement et les arrosages réguliers sont nécessaires afin d'oxygéner le compost, d'abaisser la température et de perdre en humidité. Afin de faciliter cette étape, une machine automatique, installée sous la charpente du toit, a été mise au point en partenariat avec la société Souslikoff. Les excédents d'effluents non absorbés, appelés « lixiviats », sont quant à eux récupérés grâce à un système de récupération et renvoyés dans la cuve tampon.

La capacité de traitement du dispositif est directement liée au volume de déchets organiques disponible sur l'exploitation. L'expérimentation menée par la chambre d'agriculture a permis d'établir que 2 à 2,5 m3 d'effluents pouvaient être traités par m3 de sarments broyés. « Il faut donc en premier lieu estimer ses volumes totaux d'effluents puis calculer le volume nécessaire de déchets organiques, et vérifier s'il est suffisant. Dans le cas contraire, le viticulteur peut aller en chercher à l'extérieur, chez des voisins vignerons, des paysagistes, ou des collectivités », explique Maxime Christen. Une fois le volume d'effluents à traiter calculé, le dimensionnement de la plateforme peut être connu. A titre d'exemple, pour une exploitation en viticulture biologique de 15 ha, environ 80 à 100 m3 de substrats (sarments, rafles, marcs) peuvent être produits, soit une capacité de traitement jusqu'à 210 m3 d'effluents, soit une longueur de plateforme de 10 mètres nécessaire.

Un compost de bonnes qualités agronomiques

« Le compost obtenu, riche en humus, présente de plus de bonnes qualités agronomiques et une innocuité environnementale de par de faibles teneurs en métaux lourds », ajoute Maxime Christen. Le compost présente en effet un potentiel en humus stable très élevé et des teneurs en azote, potasse et phosphates correspondantes aux normes Nfu 44-051 des engrais. Celui-ci peut ensuite être épandu, en fonction des besoins des parcelles. « Ce système permet au vigneron de gérer et traiter ses effluents de façon autonome simplement par le compostage », résume celui-ci. Ce système a par ailleurs été homologué par le ministère de l'écologie et du développement durable, pour traiter les effluents phytosanitaires, en mars 2011, sous le nom « Phytocompo ». Mais dans ce cas, il doit être exclusivement destiné à cet usage et ne doit pas être mélangé aux effluents vinicoles.

TNC

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