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Publié le 07/08/2012 à 17:19

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Aménagement du territoire

Huit mois de prison requis contre un opposant à la ligne très haute tension dans la Manche

Huit mois de prison ont été requis lundi 6 août contre un militant opposé au projet de ligne à très haute tension Cotentin-Maine. L'opposant est accusé de violences contre les gendarmes le 24 juin lors d'une manifestation à Montabot, dans la Manche, qui avait donné lieu à de vifs affrontements.

Le tribunal correctionnel de Coutances a mis sa décision en délibéré au 21 août. L'étudiant breton de 24 ans « était bien dans le groupe participant aux violences (contre les forces de l'ordre le 24 juin, ndlr). Il était en première ligne (...) Il a été vu avec des pierres et autres objets (...) », a dit la substitut du procureur de la République à Coutances Lydie Warolin. Il n'est toutefois « pas établi » que le militant antinucléaire, déjà condamné pour violence à l'égard de personne dépositaire de l'autorité publique, soit directement responsable des deux blessés légers, à la main, recensés côté gendarmes ce jour-là, selon le parquet. L'un d'eux avait eu un jour d'Itt. Le parquet a aussi demandé qu'il soit interdit au prévenu de se trouver dans les départements où la ligne Tht Cotentin-Maine est en construction (Manche, Mayenne, Ille-et-Vilaine, Calvados).

Le jeune homme ne reconnaît pas les faits et dit avoir été muni seulement d'un bâton mais pour l'aider à marcher dans les sentiers du bocage où se déroulait la manifestation. Il a admis avoir porté masque à gaz et lunettes de plongée « pour se protéger des gaz lacrimogène ». Ses avocats ont demandé la relaxe.

Un bouc émissaire selon l'avocat

Sur une video présentée au tribunal, « on voit bien qu'il n'était pas armé » au moment de son interpellation, a plaidé Me Gervais Marie-Doutressoulle. « On veut en faire un bouc émissaire (...) dans un pays où le fait d'être contre le nucléaire est suspect », a-t-il ajouté. « Vingt cinq à trente blessés, dont trois graves (côté militants), c'est peanuts comparé aux entorses aux doigts des gendarmes ? », a demandé l'avocat accusant le parquet d'immobilisme, devant une salle d'audience bien remplie.

La police a compté 70 militants. « Mais c'était les forces du désordre public ce jour là. Pourquoi une telle répression au beau milieu du bocage? », a-t-il interrogé évoquant un « piège tendu aux militants par le préfet et le commandant de gendarmerie ».

La défense a appelé à la barre le médecin qui était chargé d'organiser les secours au Samu ce jour là, Damien Sineux. Selon lui, deux des blessés graves sont loin d'avoir retrouvé pour l'heure le plein usage d'un oeil et un troisième devra patienter un an avant de retrouver la sensibilité de deux doigts d'une main après une opération.

Un « camp de résistance »

Le médecin, qui est le beau-frère d'un agriculteur interpellé mardi au Chefresne (Manche) pour opposition aux travaux de la Tht, a estimé les blessures « compatibles avec un tir tendu de grenade » lacrymogène. Aucune plainte n'a toutefois été déposée contre les forces de l'ordre.

Le 24 juin, opposants à la ligne à la Tht et forces de l'ordre se sont affrontés pendant moins d'une heure à Montabot, où des centaines de militants avaient monté un « camp de résistance ». Selon la préfecture, ces heurts n'avaient pas fait de blessé grave, même si un militant a été blessé à la tête selon elle. Il n'y avait eu qu'une interpellation.

Les opposants à la Tht, qui doit acheminer l'électricité du réacteur Epr en construction à Flamanville (Manche), redoutent les effets sur la santé dont sont soupçonnées les lignes à très haute tension.

AFP

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