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Publié le 13/08/2012 à 06:59

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Doux

A Sérent, les salariés perplexes face aux offres de reprise

A l'abattoir Doux de Sérent, pour lequel trois repreneurs potentiels ont fait une offre de reprise vendredi, salariés et syndicats étaient partagés entre soulagement et inquiétude, puisque entre 55 et 147 des 174 postes pourraient être sauvés

Les salariés de cet abattoir du Morbihan ont pris connaissance à la mi-journée des offres de reprise déposées auprès de l'administrateur judiciaire, dans le cadre de la liquidation du pôle frais du géant volailler breton Doux, qui représente 1.700 emplois, répartis sur neuf sites. Les ouvriers, spécialisés dans l'abattage et la découpe de poulets fermiers et "standards", se sont succédé dans la salle de pause où le directeur de l'établissement, Bastien Marty, a tenté de les rassurer. "J'ai passé un message positif aux gens, sachant maintenant qu'il va y avoir des possibilités d'amélioration des offres", a-t-il rapporté à l'Afp.

Les sociétés Tallec, Duc et Ldc ont fait part de leur intérêt pour le site, qui emploie 174 personnes et dont 166 doivent être reclassées. Selon les syndicats FO et Cfdt, Tallec a proposé de reprendre 147 salariés, Duc 101 et Ldc 55. Cette dernière offre est assortie de la possibilité de reclasser 50 autres salariés sur d'autres sites de Ldc dans le Morbihan, ont-ils précisé.

"soulagé qu'il y ait des offres"

"Déjà, je suis plutôt soulagé qu'il y ait des offres", a avancé Bastien Marty ajoutant que "c'est presque légitime que les repreneurs se positionnent au départ sur une position basse et après, c'est un peu comme au poker, on abat les cartes puis on voit le jeu des adversaires. J'espère qu'il y aura des offres à la hausse".

Face aux salariés, le directeur a commencé par évoquer l'offre la moins-disante sur le plan de l'emploi pour l'abattoir, celle du grand groupe volailler Ldc (dont la proposition comprend par ailleurs la reprise de tous les salariés de l'abattoir de Laval, en Mayenne), a rapporté Nathalie Le Bec, déléguée syndicale FO, présente dans la salle avec ses collègues. Les salariés étaient "dépités" car, avec Ldc, seuls 55 salariés seraient repris sur le site, a ajouté la syndicaliste. Malgré tout, cette offre ne sera pas forcément écartée par l'administrateur judiciaire, étant donné le volume d'emploi qu'elle permet de sauver au total. "On ne voit pas comment on peut faire marcher une usine d'abattage avec 55 personnes. Ca nous semble irréalisable", a affirmé Pascal Guyot, un ouvrier.

40.000 poulets par jour

Chaque jour en moyenne, 40.000 poulets sortent des chaînes de l'atelier. Les salariés se sont à l'inverse sentis soulagés en entendant les deux offres suivantes. Celle de Tallec a leur préférence, ne laissant que 19 salariés sur la touche. Mais ils sont dans l'expectative dans la mesure où le dirigeant de la société de salaisons, Briec Bounoure, est l'ancien directeur général du groupe Doux. "Mais bon, on ne va pas cracher dans la soupe", a dit Nathalie Le Bec. L'ancien dirigeant n'a pas laissé que des bons souvenirs dans l'abattoir.

S'il reste prudent, Pascal Guyot veut tout de même y croire: "Il (Briec Bounoure) a une salaison dans le Finistère qui marche très, très bien paraît-il, donc s'il veut se lancer dans le poulet peut-être que c'est très, très bon pour nous. On ne sait pas."

AFP

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