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Publié le 20/08/2012 à 16:37

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Réglementation

Vers plus de transparence dans la profession d'œnologue

L’Union des œnologues de France (Uoef) a décidé de réglementer la profession d’œnologue par l’Etat. L’objectif : responsabiliser et professionnaliser les pratiques des œnologues, tout en limitant dorénavant ce titre aux seuls « vrais œnologues », diplômés du Dno*. Interview de Cyril Payon, président du syndicat, qui espère une entrée en vigueur pour l’année 2013.

Cyril Payon, président de l'Uoef (© D.R.)

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Viti-net : En quoi consiste la nouvelle « réglementation » du métier d'œnologue, que vous souhaitez mettre en place ? Cyril Payon : L'Union des œnologues de France a engagé des démarches afin que leur profession soit réglementée par l'Etat. A titre de comparaison, on pourrait se rapprocher du métier des experts fonciers agricoles. Cela se traduira concrètement par la publication, à terme, d'un décret, et tous les ans, d'une « liste officielle » des œnologues. Pour continuer à exercer, ces derniers devront y être inscrits et cela impliquera pour eux, en contrepartie, des mises à niveaux régulières grâce à des formations, tout au long de leur carrière. Dans cette perspective, nous avons également complètement revu notre code de déontologie, produit d'une réflexion collective qui a nécessité deux ans. Il traduit l'engagement de notre profession : tous les actes pour lesquels l'œnologue peut intervenir, comme par exemple le recours uniquement à des pratiques validées par l'Oiv, quelles pratiques réservées aux œnologues, ou encore les limites fixées à notre fonction. VN : Pourquoi ce besoin d'instaurer une telle démarche ? C.P. : Par ce biais, nous, œnologues, prenons nos responsabilités, en cas d'intervention sur un produit par exemple. Cela apporte une meilleure garantie pour les consommateurs que de bonnes pratiques œnologiques ont été mises en œuvre pour élaborer tel ou tel vin. L'objectif est de les rassurer sur la qualité de nos produits, qu'ils sachent que lorsqu'ils boivent du vin, on ne les empoisonne pas. Et en cas de problème sur un vin, on pourra dire : « qui est l'œnologue qui a fait cela ? ». C'est aussi un moyen de repositionner le métier d'œnologue vis-à-vis des sommeliers, car il y a souvent des confusions dans l'esprit des gens. Enfin, pour les œnologues, cette réglementation permettra d'écarter plus facilement ceux qui ont recours à des mauvaises pratiques ou non autorisées, parce qu'ils n'oseront peut-être plus prendre ce risque. Jusqu'à présent, nous n'avions que l'autorité du syndicat et le code de déontologie pour nous faire respecter, mais cela ne suffisait pas. A l'avenir, si un œnologue a recours à des pratiques interdites, ou s'il ne respecte pas le code de déontologie, il pourra faire l'objet de pénalités, voire être exclu de « l'ordre des œnologues » et interdit d'exercer. La réglementation de notre profession permettra aussi d'éviter des usurpations du titre d'œnologue, car énormément de personnes se disent « œnologues » alors qu'ils ne le sont pas. A plus long terme, la réglementation par l'Etat reviendra, pour la profession, à être reconnue dans son ensemble, pour son sérieux. V.N. : Pour quand espérez-vous une entrée en vigueur ? C.P. : Concrètement, après les élections législatives, nous irons présenter nos propositions de textes aux députés et sénateurs du groupe vin et leur expliquer ce que l'on veut faire, et pourquoi. Nous sommes au début d'un long travail de lobbying, qui commence à l'assemblée nationale et qui doit ensuite remonter plus haut. Cela peut prendre du temps, ou pas : cela dépend du bon vouloir des politiques... Si nous parvenons à une parution du décret au Conseil d'Etat en 2013, ce serait formidable.

N.B : *Dno : diplôme national d’œnologue

AFP

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