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Publié le 21/08/2012 à 09:18

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Flavescence dorée-bois noir

Etes-vous calé pour reconnaître les symptômes ?

Juillet et surtout août, riment avec détection des symptômes de la flavescence dorée. La sensibilisation et la formation des viticulteurs à leur reconnaissance est en effet une condition importante pour réussir à enrayer cette maladie qui prend de l’ampleur chaque année. Une reconnaissance qui s’avère difficile avec de nombreuses confusions souvent constatées sur feuillage. Rappels avec Sophie Bentejac, technicienne au Gdon* Bordeaux.

En prospection, c'est surtout grâce au changement de la coloration du feuillage que l'on repère en premier lieu un cep atteint de jaunisse à phytoplasme, flavescence dorée et bois noir. Pour les cépages blancs, les symptômes sont d'une façon générale moins visibles et donc, les risques de non-détection plus élevés ; un passage tous les deux rangs au lieu d'un rang sur quatre est donc aussi conseillé. Le recours à l'identification des deux autres symptômes - non aoûtement ou aoûtement partiel du rameau et desséchement des grappes – intervient donc dans un second temps, pour compléter ou confirmer ou non le diagnostic. Il faut également savoir que dans certains cas, il peut manquer l'un, voire les deux symptômes, sur des pieds pourtant contaminés.

Sur feuillage, « les principales confusions rencontrées, sur cépages rouges comme blancs, ont lieu avec des carences, la cicadelle des grillures ou encore l'Esca-Bda », constate Sophie Bentejac, du Gdon de Bordeaux. Concernant les symptômes sur feuilles liés aux carences, celles en magnésie ou en potasse donne des colorations rouges sur feuilles, similaires à celles observées en cas de flavescence dorée. Sur cépage blanc, des décolorations des feuilles en jaune sont observées, comme pour la flavescence dorée. Comment alors les différencier ? « Il suffit d'observer les deux autres organes, rameaux et grappes, pour vérifier s'ils présentent ou non les symptômes de la flavescence dorée », préconise Sophie Bentejac.

Concernant les carences en bore ou les chloroses, un détail diffère également au niveau de la coloration de la feuille : les nervures restent vertes, tandis que pour la flavescence dorée, elles rougissent ou jaunissent, de la même façon que le limbe. Mais selon le degré de carence, les symptômes peuvent être aussi plus ou moins marqués, rendant la détection plus complexe.

La cicadelle verte, ou cicadelle des grillures, provoque également des symptômes proches de ceux de la flavescence dorée. Mais la coloration rouge (ou jaune sur cépage blanc) a lieu sur le pourtour de la feuille, sur les bords. De plus, les taches sont délimitées par les petites nervures et se présentent sous forme polygonale à allure de mosaïque. Les « attaques » liées à la flavescence dorée ont le plus souvent lieu au départ par un seul côté, sur un secteur.

Les symptômes liés à l'Esca/Bda sont aussi sources de confusion chez les viticulteurs. On peut différencier les deux maladies grâce au « dessin » typique remarquable sur les feuilles touchées par l'Esca, correspondant à une coloration rouge sur cépages noirs et jaune sur cépages blancs, au milieu des zones inter-nervures, les zones entourant les nervures restant vertes.

Mais il peut aussi arriver que le dessin soit moins marqué: il est alors recommandé d'essayer de repérer les « attaques » qui ont lieu par le milieu des zones. Les symptômes sur rameaux et grappes sont par contre similaires entre les deux maladies (pas d'aoûtement des rameaux et grappes desséchées).

Mais d'autres confusions sont également possibles : la cicadelle « bubale », en recrudescence dans le vignoble de Gironde, provoque un rougissement des feuilles, très identique à celui de la flavescence dorée. Ce qui les différencie : un « cerclage » noir, visible sur la tige du rameau, correspondant à la cicatrice liée à la piqure de l'insecte. Les symptômes sont situés uniquement au-dessus de cette piqûre, la rendant donc reconnaissable de la flavescence dorée. De plus, les piqûres ont souvent lieu en hauteur, atteignant le plus souvent le bout des rameaux situés en haut du feuillage.

Les viticulteurs peuvent également confondre avec un dépérissement du pied lui-même, les symptômes touchant alors l'ensemble du pied, ce qui arrive plus rarement avec la flavescence dorée.

Lorsque des rougissements ou des jaunissements apparaissent, il faut donc également toujours vérifier que le rameau n'est ni blessé, ni nécrosé, ni cassé.

Sur cépages rouges, la confusion avec l'enroulement est aussi souvent faite, un phénomène de plus courant et lié au clone. Mais la décoloration a lieu au départ sur le pourtour de la feuille puis s'étend progressivement à tout le limbe. Les nervures, primaires et secondaires, restent épargnées, seules les zones inter-nervures se colorent en rouge. Les zones sont moins morcelées dans le cas de la flavescence dorée.

Le court-noué provoque quant à lui des confusions sur cépages blancs ; mais dans le cas de cette maladie, les feuilles présentent un jaunissement sous forme de panachures, avec des variations de couleurs possibles sur un même rameau. Mais les symptômes restent malgré tout proches, et les confusions courantes. Une observation des rameaux et des grappes doit permettre de le différencier, les symptômes étant différents : dans le cas du court-noué, l'aoûtement du rameau et le raccourcissement des entre-nœuds sont des symptômes caractéristiques.

Pour distinguer le bois noir de la flavescence dorée enfin, les symptômes étant strictement identiques, seul un prélèvement de matériel végétal (feuilles et/ou rameaux) puis une analyse en laboratoire permet de différencier les deux maladies.

D'une façon générale, « en cas de doute, il faut faire venir un technicien du Gdon, insiste Sophie Bentejac. Mais cela n'empêche pas la formation des viticulteurs eux-mêmes ».

N.B : *Gdon: groupement de défense contre les organismes nuisibles *Pour aller plus loin: http://flavescencedoree.jimdo.com/

AFP

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