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Publié le 23/08/2012 à 08:29

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Vendanges 2012

Une année compliquée et une récolte partout en baisse

Coulures, millerandages, grêles, mildiou, oïdium, et plus récemment botrytis : dans de nombreux vignobles, la campagne viticole a été très compliquée, avec pour conséquence, dans quasiment tous les vignobles, de faibles récoltes qui s’annoncent. Un potentiel de récolte qui reste de plus encore incertain à ce jour, compte-tenu du climat changeant, du retard végétatif et de la grande variabilité phénologique observée sur une même parcelle.

Les prévisions de récolte française de vin pour l'année 2012 ont été revues à la baisse par les services de la statistique et de la prospective (Ssp) du ministère de l'Agriculture. Elle s'élèverait à 44,1 millions d'hectolitres (hl), contre 46,7 millions hl annoncés début juillet et 51 millions hl récoltés en 2011, soit un recul de 13 %. Par rapport à la moyenne quinquennale, elle serait en recul de 5 %. Le millésime 2012 s'annonce donc comme une année de faible récolte vinicole, proche de celle de 2008.

Tout d'abord, la floraison a été perturbée par la météorologie fraîche et humide qui a causé un allongement de celle-ci, une hétérogénéité des grappes et, selon les départements, des coulures parfois importantes. La nouaison s'est aussi parfois mal déroulée. Le millerandage contribue aussi à réduire le potentiel de production.

Autre explication à cette baisse attendue : l'impact des maladies cryptogamiques qui sévissent dans de nombreux vignobles : après le mildiou qui a touché les principaux départements viticoles, c'est au tour de l'oïdium d'être particulièrement actif, y compris sur grappes. « Le Botrytis pourrait s'installer à la faveur de nombreux orages de grêles, qui se succèdent depuis la fin du printemps dans la plupart des régions et qui occasionnent des dégâts au vignoble », indique également le Ssp. A noter enfin que de nombreuses incertitudes concernant le niveau de la récolte demeurent, compte-tenu du climat changeant, du retard végétatif et de la grande variabilité phénologique observée sur une même parcelle.

Situation par région

En Champagne, en plus des dégâts de gel, les attaques de mildiou et surtout d'oïdium sont particulièrement virulentes. Outre la coulure, le millerandage est régulièrement rencontré. La variabilité de la phénologie est importante. La vigne présente environ une semaine de retard comparée à la moyenne décennale. Le potentiel est ainsi revu en baisse depuis la dernière prévision. La production totale pour 2012 serait de 2,12 millions hl contre 2,87 l'an dernier, soit une baisse de 26 %.

En Bourgogne et Beaujolais, le vignoble, après le mildiou, subit des attaques d'oïdium. La floraison a été étalée en Bourgogne et un fort millerandage est relevé à la nouaison. La pourriture s'installe parfois sur des parcelles grêlées. Les épisodes de grêle à répétition, la coulure et le millerandage ont fortement entamé le potentiel dans le Rhône. La récolte est estimée en forte baisse comparée à 2011. La production totale du bassin pour 2012 serait de 2,2 millions hl contre 2,6 l'an dernier, soit une baisse de 15 %.

En Alsace, la floraison s'est étalée sur un mois. La coulure a été présente, conséquence des périodes fraîches et humides. Le mildiou, fréquent, a été maîtrisé mais l'oïdium l'est plus difficilement. La production totale de 2012 serait de 1,13 millions hl contre 1,18 l'an dernier, soit une légère baisse de 4 %.

En Savoie, le vignoble subit des attaques d'oïdium et de Black rot. Dans le Jura, la pression des maladies fongique (mildiou puis oïdium) est forte. Les conditions pourraient être propices au Botrytis. La production dans ce département est annoncée en forte baisse comparée à 2011. La production totale pour 2012 serait de 0,092 millions hl contre 0,12 l'an dernier, soit une baisse de 22 %.

Dans le Val de Loire, le vignoble a subi un gel sur certaines parcelles, une floraison hétérogène, de la grêle localisée et des coulures importantes après une nouaison difficile. La situation sanitaire est très sensible en raison d'attaques de mildiou et d'oïdium. Le vignoble nantais est le plus touché. La production totale pour 2012 serait de 2,63 millions hl contre 3 l'an dernier, soit une baisse de 13 %.

Dans les Charentes, les dégâts du mildiou ont fortement progressé depuis la dernière prévision et des dégâts d'oïdium sont apparus, malgré les traitements appliqués. De plus, la coulure est plus ou moins présente. Le potentiel est ainsi révisé à la baisse, avec une incertitude sur l'évolution de ce dernier compte tenu de l'hétérogénéité de développement des grappes et le retard végétatif pris par la vigne. L'objectif du rendement de Cognac, fixé à 10,83 hl d'alcool pur/ha, risque d'être difficile à atteindre. La production totale pour 2012 serait de 7,65 millions hl contre 9,29 l'an dernier, soit une baisse de 18 %.

Dans le Sud-Ouest et le Bordelais, la variabilité de la végétation s'est résorbée en Midi-Pyrénées mais reste présente en Aquitaine. En Gironde, la coulure s'est révélée importante sur Merlot et la pression du mildiou et de l'oïdium est forte, y compris sur grappes. Cela conduit à revoir à la baisse la production. La production totale pour le bordelais 2012 serait de 5,65 millions hl contre 6,19 l'an dernier, soit une baisse de 9 %.

En Midi-Pyrénées, les conditions plus sèches en juillet permettent une diminution des maladies qui ont été virulentes, notamment dans le Lot, mais des signes d'échaudage sont en augmentation suite aux fortes températures. La production chuterait de 10 % (3,6 millions hl contre 4 millions l'an dernier).

En Languedoc-Roussillon, la sortie de grappe est moyenne dans l'ensemble. L'importance de la coulure et du millerandage est variable selon les cépages. Les maladies cryptogamiques se sont développées à la faveur d'entrées maritimes humides. L'oïdium a été le plus difficile à maîtriser, notamment dans l'Aude et l'Hérault. La production totale 2012 serait de 12,7 millions hl contre 14,7 l'an dernier, soit une baisse de 14 %. Par ailleurs, la vigne accuse un retard végétatif comparé à 2011, année très précoce.

Dans les autres vignobles du Sud-Est, en Ardèche et dans la Drome, la grêle et la pression de l'oïdium entament le potentiel de production. En Paca, les prévisions sont revues à la baisse, à cause de températures élevées en juillet qui provoquent un stress hydrique et d'une pression des maladies fongiques importante, notamment dans le Vaucluse. La production totale 2012 serait de 5,19 millions hl contre 5,64 l'an dernier, soit une baisse de 8 %.

AFP

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