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Publié le 23/08/2012 à 16:39

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Récolte française de céréales à paille, colza et pois

Tous les compteurs orientés à la hausse

Contrairement au printemps sec de 2011, cette année, les conditions climatiques humides à partir d’avril ont été plus favorables aux rendements des cultures. Les résultats s’améliorent, mais souffrent d’hétérogénéité, notamment du fait des conséquences du gel. Le niveau de rendement en blé tendre dépasse largement la moyenne quinquennale. En blé dur, les résultats atteignent souvent des niveaux exceptionnels. Toutes orges confondues, la production nationale progresse de 30 % par rapport à 2011. En colza, un bon rattrapage en fin de cycle aboutit à de bons résultats. Enfin, en pois, les bons rendements permettent à la production de se maintenir malgré le recul des surfaces.

Un communiqué commun de FranceAgriMer, d'Arvalis-Institut du végétal, du Cetiom et de l'Unip a fait le bilan provisoire au 10 août de la récolte 2012 de céréales à paille, colza et pois.

Blé tendre : un rendement national en progression et une qualité satisfaisante

Les estimations au 9 août tablent sur une production 2012 qui dépasserait les 36,5 Mt (contre 34 Mt en 2011). Le rendement moyen national est estimé à 75 q/ha, soit un niveau largement supérieur à la moyenne quinquennale (71 q/ha). Les conditions fraîches et humides au printemps ont permis une montaison en très bonnes conditions sur une grande partie du pays. Dans ce contexte, les parcelles en sols superficiels donnent généralement de très bons rendements, alors que les terres profondes ont des résultats plus limités par rapport à leur potentiel, réduisant ainsi les écarts entre types de sols. Une variation est néanmoins observée selon les parcelles du fait des dégâts de gel hivernal et de la pression maladies.

Dans le quart sud-ouest, les rendements sont particulièrement bons, en hausse de plus de 20 % par rapport à la moyenne des cinq dernières années. Les moyennes se situent de 60 à plus de 65 q/ha en Midi-Pyrénées et en Aquitaine et autour de 75 q/ha en Poitou-Charentes. L'Auvergne et la région Rhône-Alpes obtiennent aussi de très bons résultats, aux environs de 65 q/ha. Le sud de la région Centre, la Bourgogne et l'Alsace affichent des rendements moyens entre 70 et 73 q/ha. Les rendements progressent également dans les Pays de la Loire (75 q/ha), dans le nord de la région Centre et en Basse-Normandie (autour de 80 q/ha). Ils se situent dans la moyenne en Picardie (aux environs de 85 q/ha). Les rendements sont très hétérogènes dans le Nord-Est. Ils se situent tout de même dans la moyenne en Champagne (78 q/ha), mais la Lorraine voit ses rendements baisser à moins de 65 q/ha en moyenne.

En termes de qualité, les teneurs en protéines moyennes sont généralement comprises entre 11 et 11,5 %. Les poids spécifiques moyens sont aujourd'hui corrects, souvent situés au-delà de 76-77 kg/hl en moyenne. Les conditions fraîches et humides de cet été dans certaines régions du nord de la France peuvent faire craindre des baisses d'indice de chute de Hagberg sur les variétés les plus sensibles. La qualité sanitaire semble globalement d'un niveau satisfaisant.

Blé dur : rendement national historique

La récolte de blé dur s'achève sur un rendement moyen de 53 q/ha, et une production estimée à environ 2,3 Mt (contre un peu plus de 2 Mt en 2011). En moyenne, les rendements atteignent des niveaux exceptionnels dans le Sud-Ouest, situés entre 55 et 65 q/ha, et approchent 70 q/ha dans l'Ouest. Le Centre se satisfait de 60 q/ha. Inférieurs à 40 q/ha en moyenne, dans le Sud-Est, ils varient de moins de 10 q/ha à plus de 90 q/ha. L'hétérogénéité touche toutes les régions de production. Les rendements varient ainsi de 40 à 80 q/ha dans le Sud-Ouest, de 55 à 100 q/ha dans le Centre-Ouest et 35 à 85 q/ha dans le Centre.

En raison des bons niveaux de rendements et d'une fertilisation azotée parfois limitée, les teneurs en protéines se situent autour de 13-13,5 % en moyenne dans la majorité des régions. Elles sont un peu plus élevées dans le Sud-Est, avec une moyenne de 14,5 % dans plusieurs départements. Le mitadinage est présent dans les différents bassins de production, à des niveaux variables selon les situations. Le taux de grains mouchetés est généralement très satisfaisant. Les poids spécifiques sont aussi d'un bon niveau dans le Sud et dans l'Ouest, supérieurs à 79-80 kg/hl en moyenne. Les conditions météorologiques pluvieuses ont plus particulièrement pénalisé la région Centre, qui présente un niveau de qualité variable selon la date de récolte.

Orges : production en très nette hausse

Les très bons rendements en orge d'hiver se confirment dans pratiquement toutes les régions productrices. Au niveau national, la moyenne pourrait dépasser le record de 2004 de 70 q/ha, ce qui permettrait de compenser la baisse des surfaces consécutive au gel de février. Au 9 août, la production d'orges d'hiver ressort à 6,9 Mt (contre 6,3 Mt en 2011).

Les records historiques semblent battus dans les régions du Sud-Ouest (plus de 60 q/ha), de l'Ouest (généralement plus de 70 q/ha) et du Centre (autour de 75 q/ha). Plus au nord, les rendements sont au niveau de la moyenne quinquennale, compris généralement entre 80 et 85 q/ha. Seul le Nord-Est présente des rendements plus limités, autour de 60 q/ha en moyenne. Les zones non touchées par le gel ont pu y obtenir des rendements proches de 95-100 q/ha.

La qualité brassicole est assez homogène sur l'ensemble du territoire. Les teneurs en protéines, conformes aux bons rendements, sont généralement comprises entre 9 et 11 %. Les calibrages moyens varient de 75 à 85 %. Enfin, les poids spécifiques sont corrects, avec des moyennes souvent autour de 64 à 66 kg/hl.

La sole des orges de printemps augmenterait de plus de 40 % par rapport à 2011. La production est ainsi attendue à plus de 4,5 Mt (contre 2,5 Mt lors de la récolte précédente). Les rendements s'annoncent bons à très bons dans les différentes régions grâce à la forte pluviosité enregistrée en fin de printemps. Les moyennes se situent entre 63 et 70 q/ha en Poitou-Charentes, sud de la région Centre, Bourgogne, et Lorraine. Elles tournent autour de 70 q/ha au nord de la région Centre et en Champagne. Les teneurs en protéines sont comprises entre 9,5 et 10 % en moyenne. Les calibrages sont d'un très bon niveau, supérieurs à 90 % dans le Centre-Est et le Nord-Est, sous l'effet de conditions de remplissage des grains favorables.

Colza : bons rendements

Avec un rendement moyen très satisfaisant compte tenu des dégâts exceptionnels de gel observés dans le Nord-Est, à environ 34 q/ha, la production reste stable à plus de 5,3 Mt. Dans la majorité des régions, les rendements sont d'un bon niveau. Le climat humide de fin de cycle a permis cet excellent rattrapage. Les rendements sont particulièrement bons dans le Sud avec des moyennes supérieures à 30 q/ha, dans le Centre-Ouest, en Rhône-Alpes et Franche Comté. Le nord de la Bourgogne, l'est et le sud de la Champagne ainsi que la Lorraine enregistrent des rendements très hétérogènes, allant de moins de 10 q/ha à plus de 35 q/ha, qui reflètent l'état général des cultures en sortie d'hiver. Dans ces secteurs, la moyenne devrait se situer autour de 25 q/ha. Au nord de la Seine, les rendements seront proches de leur moyenne quinquennale, entre 35 et 40 q/ha.

Pois : rendements en hausse qui compensent le recul de la sole

Malgré la diminution de près de 25 % des surfaces, l'augmentation du rendement national (42 q/ha) permet à la production de se maintenir autour de 600.000 t. Par rapport à l'année dernière, les rendements progressent en Bourgogne, en Picardie et en région Centre (autour de 40 q/ha), tout en restant inférieurs à la moyenne quinquennale. L'augmentation est très significative en Champagne (47 q/ha) et Poitou-Charentes (plus de 40 q/ha). Dans la zone nord, ils pourraient être encore plus élevés.

TNC

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