Agrisalon.com, votre quotidien d'information agricole - Agriculture, céréales, élevage, météo, petites annonces

Accueil > permalien

Publié le 19/09/2012 à 15:59

imprimer

Cultures OGM

Le Foll veut durcir les autorisations au niveau européen

Le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll a appelé mercredi 19 septembre à une « réforme profonde » des procédures d'homologation des cultures Ogm dans l'UE afin de les rendre « beaucoup plus strictes », après la publication d'une nouvelle étude du Criigen soulignant leur toxicité.

Stéphane Le Foll rappelle que la France est favorable à un moratoire sur son territoire de toutes les cultures Ogm.(© TNC)

zoom

« Il est indispensable de préciser dans le droit européen les conditions dans lesquelles on peut déclencher un moratoire sur les cultures d'Ogm », a déclaré à l'Afp Stéphane Le Foll, dénonçant le « flou juridique » au niveau communautaire. « Il faut revoir les protocoles d'homologation et permettre aux Etats de faire des choix, pour ou contre » les organismes génétiquement modifiés, a-t-il insisté.

Le ministre réagissait à la publication d'une étude cette semaine par la revue internationale de toxicologie alimentaire "Food and chemical toxicology". Selon cette étude, des rats nourris avec un maïs Ogm traité au Roundup pendant deux ans meurent plus jeunes et souffrent plus souvent de cancers que les autres.

Le Foll résolument opposé aux Ogm

Avec son homologue de l'Environnement Delphine Batho, le ministre a précisé avoir « immédiatement saisi » l'Anses (l'Agence nationale de sécurité sanitaire), pour réclamer une « vérification » de l'étude du Professeur Gilles-Eric Séralini.

Cette étude « conforte la position qui était la nôtre », a poursuivi le ministre, en réclamant la révision « des conditions des protocoles ». L'Europe, a-t-il rappelé, se fonde actuellement sur des tests de trois mois alors que l'étude en question « porte semble-t-il sur environ deux ans ».

« Il faut avoir des règles d'homologation fondées sur des études scientifiques qui fassent le point sur les avantages et inconvénients (des Ogm) de manière très claire, sur les risques sanitaires qui semblent être démontrés dans l'étude (du Pr Séralini) et sur les risques environnementaux de dissémination », a-t-il souligné.

Sur ce dernier point, Stéphane Le Foll a rappelé avoir « toujours été résolument opposé aux Ogm résistants à des herbicides ou porteurs de pesticides » en raison du risque de dissémination dans la nature. Il a rappelé la position de la France en faveur d'un moratoire sur son territoire de toutes les cultures d'organismes génétiquement modifiés, qui ne concerne actuellement que le maïs Mon810 de Monsanto.

En Europe, la France pas si isolée sur le dossier des Ogm

L'actuel ministre de l'Agriculture est resté dans la droite ligne du précédent gouvernement et de son prédécesseur Bruno Le Maire. En février 2008, la France avait actionné la clause de sauvegarde pour suspendre les cultures Ogm sur son territoire en arguant de préoccupations environnementales.

En septembre 2011, la Cour européenne de justice avait invalidé cette clause sur des arguments techniques et le gouvernement avait alors pris, juste avant les semis et en pleine campagne présidentielle, une mesure conservatoire « d'interdiction temporaire » des cultures Ogm, confirmée par le Conseil d'Etat en mai.

Les procédures d'homologation des Ogm dans l'UE sont dans l'impasse. Six autres pays ont adopté des mesures de sauvegarde contre le Mon810 (Hongrie, Luxembourg, Grèce, Allemagne, Autriche et Bulgarie). L'Autriche, le Luxembourg et la Hongrie ont également demandé l'interdiction de culture de la pomme de terre Ogm Amflora.

AFP

Haut de page