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Publié le 15/11/2012 à 11:17

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Plan Ecoantibio 2017

Stéphane Le Foll : « Utiliser moins d’antibiotiques pour les utiliser mieux »

Le plan national de réduction des risques d’antibiorésistance en médecine vétérinaire publié il y un an, ambitionne de réduire de 25 % la consommation d’antibiotiques sur les cinq prochaines années.

A l'image du plan Ecophyto 2018, le ministère de l'Agriculture et la Direction générale de l'alimentation (Dgal) engagent le plan Ecoantibio 2017 qui prévoit un usage prudent et raisonné des antibiotiques en élevage. Objectif : seuls les traitements strictement nécessaires aux animaux devront être prescrits et administrés en quantité appropriée. « Les antibiotiques ne sont plus les outils d'assurance tous risques comme ils ont pu l'être auparavant », a souligné mercredi le ministre de l'Agriculture, Stéphane Le Foll, lors de son discours d'introduction de la journée intitulée "Evaluer la consommation d'antibiotiques à usage vétérinaire et la réduire" qui regroupait de nombreux représentants du domaine de la santé animale.

Interdire l'usage préventif des antibiotiques "critiques"

« Il n'y a qu'une seule santé, a affirmé le ministre de l'Agriculture. Nous sommes tous concernés car la santé animale et la santé humaine sont indissociables. » En effet, les services sanitaires sont confrontés à deux problèmes de taille :

l'augmentation des populations de bactéries pathogènes résistantes aux antibiotiques, avec le risque induit de transmission de ces bactéries de l'animal à l'homme par contact ou voie alimentaire.

le tarissement de la mise sur le marché de nouvelles molécules antibiotiques.

Le plan Ecoantibio 2017 vise, entre autres, à mieux encadrer la prescription des antibiotiques dits "critiques" qui présentent un intérêt majeur en médecine humaine, comme les fluoroquinolones ou les céphalosporines de 3e et 4e générations. L'objectif étant, dans un premier temps, d'en interdire l'usage préventif dans les élevages afin de préserver leur efficacité.

Repenser la fiscalité et les pratiques commerciales des médicaments

Stéphane Le Foll s'est dit ouvert à toutes les possibilités. Il a indiqué que le travail conduit dans les prochains mois devra permettre d'obtenir des propositions avant le printemps 2013, le but est d'aboutir à des mesures législatives à intégrer dans la future Loi d'avenir pour l'agriculture, à l'automne prochain.

Il propose de lancer une réflexion sur les pratiques commerciales concernant les prescriptions d'antibiotiques ou encore de réformer la fiscalité des médicaments vétérinaires.

Enfin, le plan Ecoantibio 2017 devra permettre d'assurer l'amélioration des pratiques d'élevage par le binôme éleveur-vétérinaire et de renforcer, ainsi, les méthodes préventives et alternatives plutôt que curatives.

- 25 %, oui, mais de quoi ?

En France, les quantités de matière active vendues par les laboratoires pharmaceutiques sont connues et publiées par l'Agence nationale du médicament vétérinaire (Anmv), mais l'estimation par espèces animales est parfois imprécise et il s'avère impossible d'en connaître les usages en fonction des stades de croissance.

D'après Gérard Moulin, adjoint au Directeur de l'Anmv à l'Anses, le volume d'antibiotiques n'est pas l'indicateur le plus approprié, car il dépend principalement des types de molécules utilisées selon les espèces. D'autres indicateurs seraient ,sans doute, plus pertinents comme le pourcentage d'animaux traités, le nombre de jours de traitements par animal, ou encore mieux, "l'intensité d'exposition aux antibiotiques" qui résulte d'un rapport entre le nombre et le poids des animaux traités par kilos d'animaux traitables.

« Aujourd'hui, nous utilisons les antibiotiques de façon très restrictive. C'est une véritable performance de nos filières, et elles peuvent en être fières », se félicite Christianne Bruschke du ministère de l'Agriculture des Pays-Bas. « Nous avons interdit l'usage d'antibiotiques critiques (céphalosporine notamment) pour une utilisation sur l'ensemble d'un lot ou d'un troupeau et interdit leur utilisation pour le tarissement des vaches laitières. » Les résultats ont été particulièrement satisfaisants en élevages porcins et avicoles (supérieur à - 50 %), tandis qu'en élevages bovins lait, la réduction atteint 25 % et elle n'a que très peu diminué en élevages de veaux de boucherie.

Consultez le plan de réduction des risques d'antibiorésistance en médecine vétérinaire et Ecoantibio2017

TNC

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