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Publié le 12/12/2012 à 17:59

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Luzerne déshydratée

Maintien des surfaces malgré l’écart de compétitivité

La filière luzerne déshydratée achève sa campagne sur un bilan négatif concernant la production mais positif du fait du maintien des surfaces malgré la suppression en avril de l’aide allouée au titre de l’Ocm fourrages séchés. Coop de France déshydratation continue de se battre pour valoriser les aménités environnementales de la culture et mettre en avant une conjoncture favorable sur les marchés. Le soutien reste cependant indispensable vu le défaut de compétitivité marqué avec les autres cultures de l’assolement.

Malgré toutes ses qualités et la demande existante, la luzerne souffre toujoursd'un cruel manque de compétitivité face au blé ou au colza. (© TNC)

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La production 2012 de luzerne pour la déshydratation termine en déficit par rapport à l'année dernière. « Cette baisse de production, explique Jean-Pol Verzeaux, président de Coop de France déshydratation, est liée aux mauvaises conditions météo, notamment à la sécheresse de fin de cycle qui a fortement amputé la quatrième coupe. » Au final, le rendement moyen se situe à moins de 13 tMS/ha, son plus bas niveau depuis 1996, pour une production nationale de 770.000 t en retrait de 11 % par rapport à 2011/2012 (868.000 t). Le prix payé aux producteurs devrait s'établir entre 80 et 90 €/t contre 90-100 €/t sur la précédente campagne, la baisse des volumes impliquant des coûts de transformation plus élevés à l'unité.

Maintien des surfaces

Le président insiste cependant sur le maintien des surfaces consacrées à la culture, 64.000 ha (- 2.000 ha vs n - 1). En effet, après 2006, première année de découplage, la filière avait accusé le coup d'un repli de 25 à 30 % de la sole. « Cette année, qui a vu en avril arriver la fin de l'Ocm fourrages séchés et de ses 33 €/t de produit fini, seuls quelques mouvements à la marge ont été constatés. » Pour assurer la pérennité de la filière, ses acteurs souhaitent cependant le maintien du plan protéines instauré par la France pour favoriser le développement des productions nationales. L'article 68, et son enveloppe de 8 millions d'euros allouée à la luzerne déshydratée, permet de réduire l'écart de compétitivité avec les céréales et le colza. « Ce montant, correspondant à 125 €/ha environ, soit près de 10 €/t pour le producteur, devrait être reconduit l'année prochaine et les suivantes jusqu'à la nouvelle Pac dans laquelle il devrait être pérennisé dans le cadre du projet d'article 38. »

Surfaces d'intérêt écologiques

Toujours dans le cadre de la nouvelle Pac, la filière propose l'éligibilité de la luzerne au titre des surfaces d'intérêt écologiques. « Plutôt que des zones improductives, il s'agirait d'y autoriser des cultures à bas niveau d'intrants, telles que la luzerne ou le chanvre. » En réponse à cette proposition, comme à d'autres en faveur de mesures ayant pour objet de favoriser les protéines françaises, Eric Guillemot, directeur général de la structure, évoque l'excuse de la commission parlant « de mesures non Omc compatibles, alors que les Etats-Unis ou la Thaïlande recouplent à tout va ». Quant aux mesures agro-environnementales du deuxième pilier et à l'agriculture aux abords des sites de captage, Jean-Pol Verzeaux dénonce « des contraintes administratives et des cahiers des charges trop exigeants. Un cadre moins contraignant permettrait à des producteurs d'implanter de la luzerne dans ces périmètres. »

TNC

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