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Publié le 28/12/2012 à 14:32

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Foncier viticole français

Un marché devenu très actif et mondialisé

Dans les domaines viticoles français, quatre transactions sur dix sont désormais opérées par des investisseurs étrangers. Dans un contexte de mondialisation et d’ouverture de nouveaux marchés, le foncier viticole français est devenu en quelques années très prisé, avec des acheteurs originaires du monde entier. Les dernières acquisitions confirment que les Chinois sont de nouveaux acteurs du marché.

Parmi les investisseurs étrangers - qui représentent tout de même 40 % des investissements - la majorité reste "encore" des européens à 60 %, suivis d'Américains, puis enfin des Chinois, Russes et d'autres nationalités. (© TNC)

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Ces cinq dernières années, et surtout ces derniers mois, les acquisitions par des Chinois de domaines viticoles français localisés dans des appellations de plus en plus prestigieuses, se sont accélérées. La dernière en date – en novembre - est celle du château Bernadotte, un vignoble d'une quarantaine d'hectares en Aoc Haut-Médoc, par un groupe hongkongais "King Power". Quelques jours plus tôt, on apprenait qu'un industriel chinois avait acquis le château de Bellefont-Belcier, le premier grand cru classé de Saint-Emilion. Avec Bellefont, « on franchit un cap symbolique, mais qui était prévisible », avait alors déclaré à l'Afp le président du Conseil interprofessionnel des Vins de Bordeaux (Civb).

En octobre, Vinea transaction* faisait part de la vente du château Lucas courant août, à Wencheng Li, architecte chinois. Cette propriété de 12,50 hectares de vignes se trouvant sur la commune de Castillon La Bataille. Toutes les appellations de Bordeaux sont donc aujourd'hui concernées par ces investissements..: du générique "Bordeaux" (Latour-Laguens, Grand Mouëys) au "Fronsac" (Richelieu) en passant par le "Médoc" (Laulan Ducos). En trois ans, ce sont une trentaine de propriétés de cette région viticole qui ont ainsi été acquises par des Chinois. Ces derniers ne se contentent pas du "Bordeaux" et commencent aussi à regarder ailleurs : « L'engouement de ces investisseurs ne se dément pas, au contraire, il gagne d'autres vignobles », confirme Vinea transactions. C'est, en effet, en août dernier qu'a été cédé en Bourgogne le célèbre château Gevrey-Chambertin à un investisseur chinois, pour une somme avoisinant les 8 millions d'euros.

La majorité des acquéreurs sont européens

L'agence a également effectué peu après la première transaction chinoise en Côtes du Rhône, avec le domaine Bouche. En 2011, quatre opérations avaient aussi été réalisées avec des investisseurs chinois en Val de Loire (Touraine), en vallée du Rhône (Châteauneuf-du-Pape et Côtes du Rhône Villages) et en Bourgogne. Et le mouvement ne semble pas prêt de s'arrêter : « actuellement, une dizaine de propriétés sont en cours de négociation avec des acquéreurs chinois », a souligné Hervé Olivier, directeur régional de la Safer (Société d'aménagement foncier et d'établissement rural), à l'Afp le mois dernier. « L'arrivée de ces investisseurs est bénéfique dès que l'acquisition est réalisée. Ceux-ci exportent la production dans leur pays d'origine et agissent en authentiques ambassadeurs », estime Vinea. Mais les Chinois ne sont pas les seuls sur les rangs et encore loin d'être majoritaires : parmi les investisseurs étrangers - qui représentent tout de même 40 % des investissements - la majorité reste "encore" des Européens à 60 %, suivis d'Américains, puis enfin des Chinois, Russes et d'autres nationalités. L'agence relève, par ailleurs, la « quasi-inexistence » des anglo-saxons aujourd'hui, qui représentaient presque 50 % des investisseurs il y a peu. « Ils ont été remplacés par de nouvelles et nombreuses nationalités, avec l'arrivée, depuis 2012, des Russes et des Chinois ». Ces investissements sont, depuis cinq ans, facilités du fait de l'ouverture des marchés et de la mondialisation. « Dans un contexte de crise et de mondialisation, ces investisseurs étrangers s'intéressent en priorité au vignoble français, car « il est politiquement stable, à haute valeur agronomique et œnologique ». Il est, de surcroît, un « vecteur d'image positive ». « Le vignoble français est un véritable label, voire un sésame pour entrer dans le marché du vin », conclut Vinea transactions.

N.B : * réseau d’agences spécialisées dans les transactions de domaines viticoles.

TNC

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