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Publié le 15/07/2013 à 11:32

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Vendanges 2013

La pluie laissant la place au soleil, les viticulteurs sont optimistes

Le vignoble a connu au printemps de spectaculaires orages de grêle et des trombes de pluie, retardant d'au moins deux semaines les vendanges, mais rien n'est encore joué : le millésime 2013 sera fonction de l'été et du talent des vignerons.

La seule certitude pour les viticulteurs, est que les premiers coups de sécateur dans les vignes seront plus tardifs. (©TNC)

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De la Champagne au Bordelais en passant par le Beaujolais et la Bourgogne, tous se disent « sereins », soulignant qu'un printemps pluvieux ne laisse en rien présager de la qualité du millésime. « La météo actuelle est très favorable, la floraison s'achève, laissant appréhender un potentiel de grappes plutôt généreux, mais les mois d'été seront déterminants pour la qualité des raisins et du vin », résume Pascal Férat, président du Syndicat général des vignerons (Sgv) de Champagne.

Un point de vue partagé par Benoît Purbet, chef de culture des châteaux Côte de Baleau, Clos Saint-Martin et Grande Muraille, grands crus classés de Saint-Emilion. Il est « encore trop tôt pour évaluer les conséquences précises » de cette mauvaise météo, il faut « attendre la véraison » (la maturation des grappes de raisin) vers la mi-août, estime-t-il.

« Si les vendanges ont lieu dans de bonnes conditions en octobre, cela peut donner un bon millésime », assure pour sa part Dominique Gruhier, président du Syndicat des exploitants viticoles d'Epineuil (Yonne).

L'état sanitaire du raisin est sain

Plus prudente, Nathalie Bergès-Boisset, de la Maison Boisset (Côte d'Or) qui exploite le domaine de la Vougeraie, réunissant 27 appellations s'étendant de Gevrey-Chambertin à Meursault, estime qu'il est trop tôt pour se prononcer car les fruits sont « très verts ». Cependant, dans l'ensemble, l'état sanitaire du raisin est jugé plutôt sain. « Si les pluies ont fait subir à la vigne des attaques de mildiou et d'oïdium, des maladies fongiques des plantes, tout a été bien maîtrisé », se félicite Benöît Purbet, tout comme Jérôme Bauer, président de l'association des viticulteurs d'Alsace (Ava).

La seule certitude pour les viticulteurs, est que les premiers coups de sécateur dans les vignes seront plus tardifs. « Les vendanges ne seront pas aussi précoces que l'an passé, c'est sûr », estime Jean Bourjade, délégué général d'Interbeaujolais.

Même constat dans le Bordelais. « On a quinze jours à trois semaines de retard par rapport à une année dite normale. Le bel été qui est annoncé permettra sans doute de récupérer une semaine mais nous aurons très certainement des vendanges tardives », dit Benoit Purbet.

Jean-Martin Dutour, membre du conseil exécutif d'Interloire (Interprofession des vins du Val de Loire), est optimiste. « Si par rapport aux dernières années, on a entre dix et vingt jours de retard ( ...) si on a de beaux mois de juillet, août et septembre, ça ne se verra peut être pas à la fin », veut-il croire.

Le beau temps actuel, c'est du pain béni

« Ce sera une vendange tardive par rapport aux dix dernières années mais tout à fait habituelle quand on regarde les dates des récoltes du siècle dernier », tempère également le champenois Pascal Férat.

En revanche, dans certains vignobles, les professionnels s'attendent à des vendanges beaucoup moins importantes en volume. « On fera sans doute tomber moins de grappes que d'habitude », indique le bordelais Benoît Purbet.

Dans le Val de Loire, la grêle ayant touché de plein fouet certains vignobles en juin, notamment à Vouvray (Indre-et-Loire), « on estime entre 30 et 50 % de volumes en moins », selon Jean-Martin Dutour.

A l'inverse, Jean Bourjade, se dit même « plus serein que l'an dernier où nous avons eu un millésime très faible en volume ».

Les vignerons, qui continueront à avoir les yeux rivés sur le ciel ces prochaines semaines, préfèrent penser que le pire est derrière eux. « Les mauvaises conditions météo au printemps nous ont causé beaucoup de souci mais cela pourrait être un mauvais souvenir car le beau temps actuel, c'est du pain béni », se félicite Dominique Gruhier, président du Syndicat des exploitants de l'Yonne.

« Les anciens disent que les conditions de cette année - printemps pluvieux suivi d'un été sec - rappellent celui du millésime 1983, qui était un très bon cru », souligne même Jérôme Bauer.

AFP

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